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    Manifestation de l’éducation nationale et des étudiants au côté des cheminots, 3 mai 2018

    «Que le gouvernement recule»: pourquoi les cheminots maintiennent le conflit (vidéos)

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    Après près d'un mois de grève, les opposants à la réforme de la SNCF sont toujours dans la rue. Le délégué syndical Sud Rail Fabien Villedieu explique à Sputnik l'état d'esprit régnant actuellement dans les rangs des cheminots.

    Ça fait quasiment un mois qu'on est en grève. Jour après jour, les cheminots ne se rendent pas et descendent dans les rues pour exprimer leur grogne face à la réforme prévue pour la SNCF. Sputnik a interrogé Fabien Villedieu, délégué syndical Sud Rail, sur ce qui maintient le moral des manifestants et comment ils comptent réussir dans leur lutte.

    Pour lui, la stratégie du gouvernement a consisté dans un premier temps à opposer les Français aux cheminots en faisant passer ces derniers pour des privilégiés:

    «On se rend compte que c'est un peu plus compliqué que ça et qu'y compris l'opinion publique, elle est pas aussi défavorable à notre lutte, en tout cas l'histoire du statut des privilégiés, les lignes ont bougé, l'histoire de l'ouverture à la concurrence, les gens commencent à se rendre compte — parce que cette réforme, elle est faite aussi dans le cadre de l'ouverture à la concurrence — les gens commencent à se rendre compte que ça n'apportera pas forcément du bien», explique-t-il.

    À l'heure actuelle, tout comme avant, ils maintiennent ce conflit et espèrent qu'il s'élargisse à d'autres secteurs.

    «Donc, à un moment donné, il faut qu'on se batte tous ensemble, c'est un peu le sens de ce qu'on dit aujourd'hui, quitte à se battre, autant se battre tous ensemble, c'est ce qu'on essaye de faire, c'est le sens de ce rassemblement aujourd'hui, c'est le sens de notre lutte.»

    Faisant la grève, ils demandent un retrait de cette loi ou au moins un recul sur les fondamentaux de cette loi, c'est-à-dire la privatisation de la SNCF.

    «On ne veut pas la concurrence dans le ferroviaire — ce qui marche sur les téléphones portables, ça marche pas forcément dans le ferroviaire», précise M.Villedieu, ajoutant qu'en changeant le statut de la SNCF on passe d'un statut d'établissement public à caractère industriel et commercial à une société anonyme, ce qui se cache en pratique derrière la privatisation de la SNCF.

    «Ils commencent à reconnaître que ça n'apportera pas une baisse des prix, ça n'apportera pas une meilleure qualité de service — pourquoi ouvrir à la concurrence alors, si ça n'apporte rien de bien? Par contre, ça va affaiblir la SNCF, à commencer par nos conditions de travail et les conditions de transport des gens. C'est tout ça qu'on veut, c'est-à-dire le cœur de la réforme du ferroviaire sur lequel on veut que le gouvernement recule», résume-t-il.

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    privatisation, chemin de fer, gouvernement, lutte, grève, cheminots, SNCF, Paris, France
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