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    Gilets jaunes, image d'illustration

    Disant avoir été agressée par des «gilets jaunes», cette pigiste pour BFM TV témoigne

    © AFP 2018 FRANCOIS LO PRESTI
    France
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    Affirmant avoir été agressée verbalement par des «gilets jaunes», cette journaliste pigiste en mission dimanche dernier pour BFM TV a créé avec des confrères le groupe Facebook «Paye-toi un journaliste» pour recenser des cas similaires.

    Céline Durchon, jeune journaliste de 26 ans, témoigne dans un enregistrement de la situation dans laquelle elle s’est trouvée à Montpellier le dimanche 18 novembre alors qu’elle était en reportage sur les «gilets jaunes» pour BFM TV. C’est là, dit-elle, qu’elle a été prise à partie verbalement par des manifestants.  

    Selon elle, à peine arrivée sur place, elle a été abordée par un homme qui lui a hurlé dessus accusant BFM TV et ses journalistes d’être des «menteurs», des «vendus» et des «macaronistes». Puis, dit-elle, une deuxième personne est venue lui dire que sa présence n’était pas souhaitée, les médias ne répandant que des mensonges. 

    «De là, il y a plusieurs personnes qui se sont mises autour de moi. Ils étaient, je pense, une centaine […] à me crier littéralement dessus sans que je puisse en placer une, en fait», précise Céline Durchon, ajoutant qu’elle a reçu deux crachats. 

    «Humiliation» et «haine» sans précédent  

    La jeune femme assure n’avoir jamais auparavant ressenti une telle haine et une telle humiliation. 

    «Je n’avais qu’une seule envie à ce moment-là, c’était d’être six pieds sous terre. […] J’avais les larmes qui montaient», se souvient-elle.  

    Elle explique qu’elle est parvenue à expliquer à certains des manifestants qui l’encerclaient qu’elle était là pour faire son travail. Elle se souvient leur avoir dit: «Je suis comme vous, je travaille pour payer mon loyer, mes factures et pour pouvoir manger à la fin du mois». 

    Plusieurs personnes ont fini par prendre sa défense, se rappelle-t-elle, ajoutant que cela a toutefois peu dissuadé les autres qui lui lançaient qu’ils ne voulaient pas d’elle, lui criant: «cassez-vous».  

    «Paye-toi un journaliste» 

    Avec des confrères, Céline a créé un groupe Facebook, «Paye-toi un journaliste»,  dont le but, comme elle l’explique, est de recenser les agressions dont sont victimes les journalistes. 

    Rappelant que ce genre d’incidents arrive tous les jours elle insiste: «il faut que ça cesse. Et trop c’est trop. »  

    Pour rappel, ce n’est pas la première fois que des journalistes de  BFM TV se font agresser. C’est notamment  arrivé à Raphaël Maillochon qui a été malmené par un homme samedi soir. Un autre exemple : celui d’un journaliste de la chaîne a été agressé à Argenteuil en février 2017.      

    Face à l'augmentation des prix du carburant qui frappe surtout le diesel, de nombreux Français se sont mobilisés le 17 novembre. Ces manifestations ont réuni, selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Toujours d'après lui, 287.710 personnes sur 2.034 sites. Plus de 400 personnes ont été blessées et une tuée samedi.

    Les chiffres sur le nombre de participants sont néanmoins contestés par les organisateurs et l'opposition. Pour le syndicat France police-Policiers en colère, 1,3 million de «gilets jaunes» sont descendus dans les rues. Un appel à manifester de nouveau samedi 24 novembre dans la capitale a été lancé sur Facebook.

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    Tags:
    BFMTV, journalistes, agression, Montpellier, France
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