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    vitrine de la chocolaterie Jean Trogneux

    «On crache sur la vitrine»: le neveu de Brigitte Macron en a marre d’être un «défouloir»

    © AFP 2018 DENIS CHARLET
    France
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    Mouvement des «gilets jaunes» en France et en Belgique (193)
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    «J’ai l’impression d’être un bouc émissaire, un défouloir», s’est plaint le neveu de Brigitte Macron et propriétaire d’une chocolaterie à Amiens, Jean-Alexandre Trogneux. Lassé d’être la cible de manifestants anti-Macron, il a dénoncé les menaces adressées à son égard depuis la manifestation des Gilets jaunes la semaine dernière.

    Dans le climat déjà suffisamment tendu lié aux manifestations des Gilets jaunes, le neveu de Brigitte Macron et propriétaire d'une chocolaterie à Amiens, Jean-Alexandre Trogneux est devenu victime d'une rumeur. Selon celle-ci, le véritable patron de cette boutique ne serait pas lui mais Emmanuel Macron en personne. Le résultat? Des manifestants en colère s'en sont pris à la chocolaterie, en insultant et menaçant son patron ainsi que ses vendeuses.

    «J'ai l'impression d'être un bouc émissaire, un défouloir. Il faut rétablir la vérité», a-t-il déclaré dans les colonnes du Parisien.

    Il a ainsi fait part de ses inquiétudes liées à la sécurité de sa famille et de ses employés, évoquant les tentatives d'intimidation auxquelles ils doivent faire face quotidiennement depuis plusieurs jours.

    «On crache sur la vitrine des magasins. On raconte aux salariés qu'ils ont un salaud de patron. Des vendeuses arrivent en pleurs dans mon bureau», a-t-il déploré.

    Par ailleurs, il a affirmé avoir essuyé de multiples insultes. Notamment, quelqu'un a menacé de «faire brûler» la chocolaterie.

    «J'ai peur de l'acte d'un déséquilibré», a-t-il ajouté.

    Face à cette avalanche d'insultes et de menaces, il a tenu à expliquer que la famille Macron n'avait aucun intérêt dans sa boutique même si le dirigeant français était marié à sa tante.

    «Elle aussi n'a aucun intérêt ici. La seule et unique personne qui est responsable de la chocolaterie c'est moi», a souligné M.Trogneux.

    Par ailleurs, M.Trogneux ne conteste pas le droit à la manifestation, mais à la condition que ce soit «sans haine ni violence».

    «Les réseaux sociaux sont malheureusement devenus un défouloir. Pour l'instant, ce ne sont que des mots mais ça peut engendrer un jour un passage à l'acte […] Je le répète mais je ne suis pas responsable des actions et des actes du Président. Tout comme mes vendeuses qui n'ont pas à subir les insultes de personnes qui entrent dans la boutique. Insulter et saccager est contre-productif. Il y a d'autres façons de lutter et de faire connaître sa colère», a-t-il conclu.

    Pour assurer la sécurité de ses employés ainsi que des membres de sa famille, Jean-Alexandre Trogneux a fait installer des caméras de surveillance et a embauché des agents de sécurité. Ces mesures ont toutefois eu un impact sur son chiffre d'affaires, qui a baissé.

    Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, la chocolaterie de Jean Trogneux est régulièrement victime de manifestants hostiles à la politique gouvernementale.

    En France, après une première manifestation qui s'est déroulée le 17 novembre, des membres du mouvement des Gilets jaunes ont organisé le troisième acte de leur mobilisation le samedi 1er décembre. Dénonçant à l'origine la hausse des carburants, ils expriment désormais une colère sociale bien plus profonde. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé mardi 4 décembre la suspension pour six mois de trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier.

    Le dernier rassemblement a été marqué par d'importantes violences urbaines dans la capitale française. Elles ont fait 133 blessés, dont 23 membres des forces de l'ordre, et ont conduit au placement en garde à vue de 378 personnes sur les 412 interpellées, selon un bilan communiqué par la préfecture de police dimanche.

    Dossier:
    Mouvement des «gilets jaunes» en France et en Belgique (193)

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    gilets jaunes, insulte, menaces, Brigitte Macron, Emmanuel Macron, France
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