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    Patrouille de l’opération Sentinelle près de l’église Saint-Eustache, à Paris

    Profanations d'églises, tag antisémite, «la haine se développe petit à petit»

    © REUTERS / Philippe Wojazer
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    Alors qu'un tag antisémite en plein Paris a été monté en épingle par des membres du gouvernement et certains médias, n'ont pas hésité à incriminer indirectement les Gilets jaunes, plusieurs profanations d'églises n'ont fait l'objet d'aucune condamnation du gouvernement. Retour avec Jacques Myard sur un phénomène qui interpelle.

    «Il faut raison garder. Certes, il se peut que ce soient des actes isolés de déséquilibrés, mais on voit bien, surtout après les inscriptions qui ont eu lieu à Paris- "Juden"-, que les aversions antireligieuses se développent, alors que la liberté de culte doit être et est un droit constitutionnel», réagit Jacques Myard au micro de Sputnik France.

    Le maire Les Républicains de Maisons-Laffitte (Yvelines) a vu l'Église Saint-Nicolas, dans sa commune, profanée dimanche 10 février en fin d'après-midi. Une profanation qui s'ajoute aux quatre autres, diffusées dans la presse nationale. L'Observatoire de la Christianophobie relate pour sa part bien d'autres cas, relatés par la presse régionale.

    ​Ainsi, à Nîmes, Lavaur, Houilles, Dijon et Maisons-Laffitte, s'ajoutent Saint Gilles-Croix-de-Vie, où les lieux de cultes sont régulièrement dégradés depuis «près d'un an», Lusignan (Vienne) et Talmont (Vendée), portant ainsi à huit le nombre d'églises et cathédrales profanées depuis le 1er février. À Houilles, commune voisine de Maisons-Laffitte, où l'église Saint Nicolas a été vandalisée trois fois en dix jours comme le relatent nos confrères du Parisien, la préfecture a condamné «avec la plus grande fermeté ces violences graves et inadmissibles contre ces lieux de culte». Silence radio, cependant, du côté de la Place Beauvau.

    «Dans les profanations des églises, comme dans les tags "Juden" que nous venons d'évoquer, il faut réagir de la même manière […]», insiste Jacques Myard.

    Or, si Jacques Myard, interviewé sur ces profanations, ne manque pas de condamner à plusieurs reprises le tag antisémite retrouvé ce week-end sur la vitrine d'un restaurant parisien —un acte «extrêmement grave», «véritablement méprisant» et devant «être condamné sans appel»- cela n'est pas le cas du gouvernement qui, pour l'heure, n'a pas condamné les profanations d'églises.

    «Il faut que le gouvernement condamne aussi bien les profanations qui peuvent avoir lieu dans des églises et édifices de culte que ces inscriptions odieuses qui ont été effectuées dans l'île Saint-Louis.»

    Si l'auteur du tag antisémite court toujours, selon nos confrères de La Dépêche du Midi, dans le cas des exactions commises dans la cathédrale de Lavaur, deux adolescents de 17 ans —dont l'un ayant reconnu les faits- sont convoqués le 15 mars prochain. Dans le cas de l'église de Maison Laffitte, un SDF de 35 ans —confondu par le curé- a été arrêté, selon InfoNormandie.

    «On voit très bien qu'il existe aujourd'hui en France une certaine irresponsabilité et une haine qui se développe petit à petit», s'inquiète l'élu.

    Si tout le monde est d'accord pour réprouver les attaques contre les lieux de culte et les messages haineux, on remarquera qu'au-delà de condamner le tag antisémite, certains membres du gouvernement, comme Benjamin Griveaux, évoquent pêle-mêle ce tag antisémite avec l'incendie au domicile de Richard Ferrand ou encore les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre devant l'Assemblée nationale lors de l'acte XIII des Gilets jaunes, samedi 9 février.

    ​Si le porte-parole du gouvernement s'arrête juste avant l'amalgame, certaines personnalités médiatiques ont allègrement franchi le pas et ont mis la responsabilité de ce tag sur le dos des Gilets jaunes.

    ​«Il faut se méfier de faire des amalgames. Il n'est pas acceptable de dire que c'est le résultat du mouvement des Gilets jaunes», réagit Jacques Myard.

    Il faut en effet rappeler que, comme le relate le gérant du restaurant, non seulement son fast-food est situé loin du parcours de la manifestation des Gilets jaunes, mais le tag a été réalisé durant la nuit de vendredi à samedi, soit la veille de l'acte XIII du 9 février…

    Quant à la tentative d'incendie au domicile breton de Richard Ferrand, il est bien hasardeux à ce stade de le relier au mouvement des Gilets jaunes. Des médias soulignent que les permanences ou les domiciles d'une cinquantaine de députés auraient été visés ces dernières semaines en marge des manifestations des Gilets jaunes, ce qui leur semble suffisant pour faire le lien. À l'inverse, nos confères du Journal du Dimanche insistent sur le fait que le mobile derrière l'engin incendiaire artisanal retrouvé à l'extérieur du domicile de Richard Ferrand «reste mystérieux», faute notamment de revendication, comme celles observées sur certaines permanences. 

    Par ailleurs, on ignore la date des faits, dû à l'isolement de la maison: «cela peut remonter à plusieurs jours», comme l'a déclaré le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé. Les journalistes du JDD rappellent également que l'habitation avait été la cible d'agriculteurs en colère en février 2016.

    Autre élément particulièrement mis en avant en marge de la dernière manifestation parisienne des Gilets jaunes, l'incendie d'un véhicule de l'opération sentinelle ou encore celui d'une Porsche. Autant de dégâts imputés aux Gilets jaunes, mais qui ont pourtant été commis par un seul individu: «Thomas P.», 25 ans, «bien connu pour son appartenance à la mouvance anarcho-autonome» et qui occasionnera plusieurs dizaines de milliers de dégâts durant les quatre heures de son périple dans les rues de la capitale, du moins les quatre heures où les policiers le surveillaient de près, avant de finalement l'interpeller.

    La hausse des tags antisémites
    © Sputnik . Bruno Marty
    La hausse des tags antisémites
    Tags:
    église, profanation, antisémitisme, Journal du dimanche (JDD), Benjamin Griveaux, Richard Ferrand, Jacques Myard, Yvelines, France
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