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    Decathlon va commercialiser un hijab de running, déclenchant une polémique

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    Le lancement par l’équipementier français Decathlon d’un hijab de running déjà mis en vente au Maroc et bientôt commercialisé en France a déclenché une polémique dans la classe politique et sur les réseaux sociaux. Decathlon l’explique par la demande et par la volonté de «démocratiser le sport partout et à le rendre accessible à tout le monde».

    En suivant l'exemple d'autres enseignes, dont H&M, Uniqlo et son concurrent Nike, Decathlon a lancé la vente d'un hijab de running destiné aux femmes musulmanes qui souhaitent courir tout en gardant leurs cheveux et leur nuque cachés.

    La mise en vente de cet accessoire a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et parmi certaines personnalités politiques.

    La députée LR Valérie Boyer s'est dite écœurée et révoltée de voir que cette entreprise française fait le choix de «prolonger l'apartheid sexuel imposé aux femmes dans l'espace public», séduite par l'appât du gain.

    La ministre de la Santé Agnès Buzyn a déploré sur RTL la commercialisation à venir en France du hijab de running affirmant qu'elle aurait «préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile».

    «Il est évidemment permis, et on sait bien que la laïcité en France permet le port du voile. C'est notre société. Mais personnellement, je n'ai pas envie qu'on favorise la différenciation entre les hommes et les femmes», a-t-elle indiqué.

    Interrogé par Le Parisien, le responsable de la communication externe de Decathlon a fait savoir que le produit devrait être vendu dans l'Hexagone «en mars».

    «Nous avons eu un dialogue interne pour savoir si ce produit devait être rendu disponible partout dans le monde, et la réponse donnée par le groupe est oui», a révélé Xavier Rivoire.

    «La volonté de Decathlon, qui est un groupe apolitique et areligieux, est de démocratiser le sport partout où c'est possible et à le rendre accessible à tout le monde, y compris à des femmes en France», a-t-il ajouté.

    La responsable de la marque Kalenji, Angélique Thibault a expliqué au Figaro que ce produit a été créé en réponse à une demande exprimée par les coureuses marocaines.

    «Ce couvre-tête (Hijab Kalenji) a été co-créé avec nos équipes de Decathlon Maroc qui souhaitaient rendre accessible cette pratique à toutes les sportives et futures sportives de leur pays. Nous mettons donc à disposition de tous les pays, toutes les villes, tous les magasins qui le souhaitent ce produit, il en revient néanmoins à la responsabilité de celui qui a la délégation de pouvoir de le valider à la commercialisation», a précisé Mme Thibault.

    Quelles que soient les intentions des responsables de Decathlon, les réactions à son nouveau produit restent négatives dans leur majorité.

    Nicolas Dupont-Aignan signale qu'il ne souhaite pas que ses deux filles vivent dans un pays où la place des femmes régresse comme en Arabie saoudite et appelle à boycotter la marque Decathlon.

    Selon un internaute, ce hijab est un cheval de Troie et un symbole de reconnaissance qui permet aux plus radicaux d'être visibles dans l'espace public.

    Cependant le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau a préféré ne pas dramatiser la situation, estimant qu'il n'y a pas de marché pour ce produit de Decathlon en France.

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    Tags:
    hijab, Bruno Retailleau, Agnès Buzyn, Valérie Boyer, Nicolas Dupont-Aignan, Maroc, France
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