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    Accusé de s'approprier la renommée française, Vin de France rétorque qu'il «n'usurpe rien»

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    Leur succès suscite du ressentiment chez certains vignerons traditionnels. Les Vins de France se veulent pourtant complémentaires des vins d’AOC et AOP. C’est ce qu’explique Valérie Pajotin, directrice de l’association nationale interprofessionnelle des Vins de France, à Sputnik France.

    De 0 à 200 millions de bouteilles produites en France en 10 ans, la croissance des Vins de France (VDF) est indiscutable… et fait grincer des dents.

    Nés en 2009 d’une réforme européenne, ils ont remplacé les «vins de table», considérés comme bas de gamme, et ont réussi le pari de changer leur image. Libres des restrictions territoriales imposées par les AOC (Appellations d’origine contrôlées) et des IGP (Indications géographiques de provenance), ces vins laissent libre cours à l’imagination des vignerons.

    Avec des assemblages de cépages innovants, et qui peuvent être produits en grande quantité, ces vins aux prix ultra-compétitifs séduisent aussi bien en France qu’à l’international, où ils affrontent avec succès une intense concurrence. Néanmoins, les VDF sont mal vus de certains vignerons, qui estiment que les VDF «s’approprient» la renommée des vins français, ce dont ils inquiètent. De plus, Arthur Petillault, caviste, explique à Sputnik France qu’indéniablement,

    «les Vins de France peuvent grappiller des parts de marchés aux AOC/IGP, notamment au niveau national, car le rapport plaisir-prix favorable plaide en la faveur des VDF.» 

    Une vision inexacte et parfois «réactionnaire», selon Valérie Pajotin directrice de l’ANIVIN de france, l’association nationale interprofessionnelle des Vins de France, pour qui les VDF sont complémentaires des AOC. La preuve étant que les deux catégories sont en progression à l’export. Explications.

    Sputnik France: Pouvez-vous nous expliquer pourquoi la dénomination nationale Vin de France (VDF) a des détracteurs?

    Valérie Pajotin: «La dénomination vins de France a réussi en 10 ans d’existence à passer de 0 à 200 millions de bouteilles, avec mention de cépages et millésime. Cela fait des jaloux! De plus, il est erroné de qualifier les Vins de France de “vin de table”, puisque ces vins de qualité avec cépages et millésimes n’existaient pas avant la réforme européenne de 2009. Auparavant, seuls les vins de pays/IGP avaient le droit à ces mentions valorisantes. Avec une dénomination nationale, la France a gagné en compétitivité et en parts de marché à l’international: +3% en volume; +6% en valeur pour VDF cépage en CAM à fin mars 2019, selon les douanes françaises. »

    Sputnik France: Pourquoi existe-t-il un ressentiment chez certains vignerons?

    Valérie Pajotin: «Parce que l’ADN de VDF, c’est la liberté. Chaque vigneron ou œnologue crée le vin qu’il souhaite pour ses consommateurs, il assemble les cépages de son choix pour créer le goût de son vin. L’absence de contraintes de la dénomination fait encore des jaloux, mais surtout beaucoup d’adeptes!»

    Sputnik France: En quoi est-ce que VDF accaparerait la réputation d’un savoir-faire français?

    Valérie Pajotin: «VDF met à profit le savoir-faire français pour élaborer ses vins à l’origine nationale, où est l’usurpation? Un même cépage est souvent planté dans plusieurs régions de France et ainsi l’œnologue peut pianoter sur l’orgue à arômes de ces vins de cépages issus de terroirs différents. VDF n’usurpe rien, il crée de la valeur grâce à des “wine designers”, comme nous aimons appeler les œnologues et vignerons de VDF.»

    Sputnik France: Pourquoi la mention du cépage est-elle importante pour le consommateur en France et dans le monde?

    Valérie Pajotin: «Ce n’est pas du marketing, c’est un repère de goût qui est le bienvenu dans l’univers complexe du vin pour les néophytes. C’est notamment une clé d’entrée pour ensuite comprendre les vins plus sophistiqués que sont les AOC.»

    Sputnik France: Des vignerons et cavistes se plaignent du fait que les VDF grappillent des parts de marché aux IGP/AOC. Partagez-vous cette analyse?

    Valérie Pajotin: «C’est une idée fausse, la preuve étant que les deux catégories sont en progression à l’export. Il n’y a pas de transfert entre les deux. Quand VDF a été créé, il y a de cela 10 ans, c’était pour gagner des parts de marché à l’export en complément des IGP/AOC, et c’est ce que l’on a réussi à faire! Il faudrait que tout le monde comprenne l’intérêt économique de la complémentarité de l’offre française.»

    Sputnik France: Pour certains, l’objectif des VDF, c’est de faire «un vin de consommation quotidienne et ordinaire», qu’avez-vous à leur répondre?

    Valérie Pajotin: «Dire de Vin de France que c’est un vin de consommation quotidienne et ordinaire, c’est ignorer et insulter de nombreux vignerons talentueux de VDF.»

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    viticulture, Europe, vin, France
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