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    Violent incendie dans une usine Seveso à Rouen

    Un gigantesque incendie ravage un site classé Seveso à Rouen, des explosions – images

    © REUTERS / BLAS GARCIA PHOTOGRAPHY
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    Incendie de l'usine Lubrizol de Rouen (40)
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    Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre dans une usine ultra-sensible de Lubrizol, classé Seveso «seuil haut» à Rouen. 12 communes ont été appelées à se confiner par précaution.

    Il était 2h40 du matin lorsqu’un incendie s’est déclaré au sein de l’entreprise Lubrizol à Rouen, provoquant un important panache de fumée, rapporte Ouest-France. Le quotidien ajoute que plusieurs explosions ont été entendues par des habitants. Selon la préfecture, il s'agissait de fûts d'huile qui ont éclaté.

    Lubrizol est une usine Seveso «seuil haut» fabricant des additifs pour lubrifiants. Selon France Bleu Normandie, vers 7h le feu n'était toujours pas maîtrisé, soit quatre heures après le début de l'incendie. Les explosions qui avaient retenti à plusieurs reprises durant la nuit ne s’étaient toutefois pas reproduites.

    ​«Un incendie de grande ampleur continue d’être travaillé par les pompiers», a annoncé Pierre-André Durant, le préfet de la Seine-Maritime, sur France Bleu Normandie. «Tous les moyens sont mobilisés»

    Fumée anxiogène

    Ce panache de fumée «noire» lié à la présence «d'hydrocarbures» est «forcément anxiogène» mais les «premières analyses n'ont pas fait apparaître de toxicité aiguë sur les principales molécules que nous suivons, ce qui est plutôt rassurant», a indiqué le préfet lors d'une audioconférence de presse. «Nous n'avons pas d'élément qui permettent de penser qu'il y a un risque lié aux fumées», a affirmé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur RTL.

    «Ne paniquons pas sur cette situation mais il faut être d'une grande prudence», a ajouté le ministre.

    Les habitants invités à rester chez eux

    Les habitants de douze communes, dont Rouen, sont invités à rester chez eux, a annoncé le préfet de Normandie. Il a ajouté que l’incendie n'avait pas fait de victimes.

    ​Les établissements scolaires vont rester fermés et un «spectaculaire panache de fumée domine toute l'agglomération», a ajouté Pierre-André Durand. Un périmètre de 500 mètres autour du site a été évacué, selon le haut fonctionnaire lors d'une audioconférence de presse. 200 pompiers sont mobilisés pour combattre les flammes. 

    Les sirènes ont retenti

    Les sirènes ont résonné vers 8h du matin dans la métropole rouennaise afin de prévenir la population de l'incendie. Le plan particulier d'intervention a été déclenché.

    ​«Le feu n'est pas circonscrit. Le dispositif monte en puissance. 200 hommes et plus de 60 véhicules sont mobilisés. J'attends des renforts nationaux», a précisé vers 7h30 un responsable des pompiers.

    Incendie «maîtrisé», mais pas éteint

    À la mi-journée, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé que l’incendie avait été «maîtrisé» mais pas éteint.

    «Au moment où je vous parle, l'incendie est maîtrisé, cantonné, il ne devrait pas se développer de nouveau. Par contre, il faudra plusieurs jours pour en venir totalement à bout», a dit le ministre lors d'un point de presse à proximité des lieux de l'accident.

    Le risque de sur-accident est écarté grâce à «la manœuvre qui a consisté à déplacer les produits les plus dangereux», a-t-il ajouté.

    «Le combat que (les pompiers) devront mener pour maîtriser totalement la situation sur ce site durera plusieurs jours, peut-être, même plusieurs semaines», a-t-il dit.

    Le panache de fumée, de 22 km de long et six de large, «porte en soi un certain nombre de produits qui peuvent être dangereux pour la santé», a ajouté le ministre.

    Mais, selon les premières analyses, il n'y a pas «de dangerosité particulière». Il a annoncé la mise en place du plan Polmar pour contrer les risques de pollution de la Seine.

    Usine à risque

    Créée en 1954 sur les bords de la Seine, rive gauche, cette usine a été classée Seveso en raison des risques qu'elle comporte.

    En janvier 2013, elle avait été à l'origine d'une fuite de gaz malodorant qui avait empuanti jusqu'à la région parisienne et au sud de l'Angleterre. En 2014, la société Lubrizol France avait été condamnée à une amende de 4.000 euros.

    Plus récemment, en 2015, quelque 2.000 litres d'huile minérale se sont déversés dans le réseau d'évacuation des eaux pluviales après un «incident d'exploitation » à l'usine chimique.

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    Incendie de l'usine Lubrizol de Rouen (40)
    Tags:
    pompiers, Seine-Maritime, incendie, Rouen
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