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    Résurgence du FLNC en Corse? Le parquet national antiterroriste sur la brèche

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    Des tracts du FLNC ont été retrouvés dans une commune près de Bastia dix jours après la conférence de presse clandestine qu’a tenue un groupe de ses militants fin septembre. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête. Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’Avvene à l’Assemblée de Corse, commente l’évènement pour Sputnik.

    Assiste-t-on à une résurgence de la mouvance indépendantiste corse violente? Une dizaine de jours après la tenue d’une conférence de presse secrète, où cinq personnes cagoulées se présentant comme le Front de libération nationale corse (FLNC) «renouvelé» ont annoncé leur volonté de «sauver le peuple corse d’une disparition programmée», on a retrouvé des tracts du nouveau FLNC à Erbalonga, une commune côtière à une dizaine de kilomètres au nord de Bastia.

    Tout comme pour certaines personnalités politiques corses, qui n’ont pas tenu à s’exprimer à notre micro pour «ne pas donner à l’affaire plus d’importance qu’elle n’en a», Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’Avvene (Pour l’Avenir) à l’Assemblée de Corse, se déclare surpris par cette réapparition du FLNC. Celui qui s’est déclaré il y a quelques jours candidat de l’union de la droite à Bastia pour les élections municipales de mars 2020 réagit à cet évènement pour Sputnik.

    «Le mouvement clandestin avait annoncé en juin 2014 qu’il déposait les armes, rappelle à Sputnik Jean-Martin Mondoloni. Une décision salutaire après près de 40 ans de violence politique, initiée en 1976. Cette opération de reconstitution n’est à mes yeux pas de bon augure, en espérant que les actions violentes ne reprennent pas.»

    Les cinq personnes cagoulées qui ont transmis leur programme titré «FLNC Per l’Indipendenza» (Pour l’indépendance) lors de la conférence de presse auquel ils ont conviés des journalistes de Corse-Matin, ont également annoncé une forme de soutien à la majorité nationaliste au pouvoir en Corse, en affirmant qu’ils «ne doutent pas de la sincérité et de l’engagement patriotique des élus de la majorité territoriale», tout en regrettant leur égarement «sur un chemin qui conduit à l’intégration définitive du peuple corse dans la société française».

    Jean-Martin Mondoloni doute que cette annonce «soit de nature à renforcer la cohésion de la majorité», constituée de plusieurs courants «dont l’épreuve du pouvoir depuis quatre ans tend à distendre les liens en son sein». Rappelons que la liste de la majorité nationaliste Pè à Corsica (Pour la Corse) au sein de l’Assemblée corse, qui est le fruit d’un accord entre les partis autonomistes Femu a Corsica (Faisons la Corse) et U Partitu di a Nazione Corsa (Parti de la nation corse) d’une part et le parti indépendantiste Corsica libera d’autre part, détient 41 sièges sur 63.

    «Clairement, c’est surtout la Corse qui n’en a pas besoin, martèle Jean-Martin Mondoloni. Je ne pense pas que l’opinion insulaire voit d’un bon œil toute reprise d’une forme violence politique.»

    Pour le président du groupe Per l’Avvene, les victoires successives des nationalistes depuis 2014 peuvent s’expliquer par «la crédibilité nouvelle accordée à la branche modérée suite à la victoire à Bastia par une coalition hétéroclite autour de Gilles Simeoni», puis par le fait que «l’arrêt de la violence en 2014 ait rendue acceptable toute alliance avec la frange indépendantiste».

    Hasard du calendrier ou logique de la cause à effet: cette «réapparition» d’un nouveau groupe du FNLC est intervenue au lendemain d’une session de l’Assemblée de Corse qui débuté par «un débat sur la violence en Corse, pas seulement politique, qui devrait se poursuivre dans le cadre de l’organisation d’une séance plénière dédiée à cette problématique multifactorielle».

    «Hélas, elle s’est clôturée par le rejet d’une motion émanant d’un groupe d’opposition –Anda per Dumane– demandant à l’État le renforcement de ses moyens de police et de justice permettant de mieux défendre l’État de droit et de lutter contre les violences d’une manière générale, regrette le leader d’un groupe d’opposition “anti-independantiste”. L’opposition a voté ce texte, la majorité nationaliste l’a rejeté.»

    D’après Jean-Martin Mondoloni, le rapport à la violence, à ses origines et aux moyens de la combattre, «varie d’un groupe à l’autre», si bien que lors de la séance le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a dénoncé le 26 septembre dernier des «dérives […] de nature mafieuse» sur l’île, où les derniers mois ont été marqués par un regain de violence. L’actualité, et surtout la découverte des tracts signés par le FLNC, n’a pas laissé Paris indifférent: le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête. Pour l’instant, l’Assemblée de Corse prévoit se réunir dans les semaines qui viennent pour aborder une fois encore la question de la violence.

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