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Le jeune homme qui s’est immolé par le feu à Lyon, s’infligeant ainsi de graves blessures, avait adressé une lettre à ses proches où il évoquait ce qui le poussait à passer à l’acte. Notamment des difficultés financières et les incertitudes créées par des personnalités politiques, tel Emmanuel Macron, ainsi que par l’Union européenne.

Dans une lettre écrite avant de descendre dans les rues de Lyon pour s’y immoler, l’étudiant qui est actuellement «entre la vie et la mort» a parlé des difficultés qui l’ont mené à ce qu’il «commette l’irréparable».

«J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires», a-t-il fustigé.

Le jeune homme a expliqué d’ailleurs son choix de lieu d’immolation: «Je vise un lieu politique, le ministère de l’Enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement».

Constatant dans sa lettre, publiée par le syndicat Solidaires Étudiants Lyon, que le montant de sa bourse était insuffisant pour vivre, il s’est interrogé si l’on devait «continuer à survivre» comme on le faisait à présent. L’étudiant a soulevé aussi les problèmes du chômage, d’une «retraite décente» avant de lancer un appel:

«Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser, et du libéralisme, qui créé des inégalités. [...] Mon dernier souhait, c'est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.»

«Précarité» à l'université

Au lendemain de son geste «à la portée politique», les fédérations syndicales étudiantes SUD-éducation et Solidaires ont dénoncé samedi dans un communiqué commun, cité par l’AFP, «la précarité» de «la vie des étudiant-e-s».

«Son acte ne saurait être réduit au seul désespoir, c'est aussi à la portée politique. Dans son message, notre camarade décrit la précarité qu'il subit, conséquence des politiques libérales, et le racisme quotidien», pointe le syndicat, qui souligne que «la précarité s'étend» et «broie de plus en plus de vies, y compris la vie des étudiant-e-s».

«Brûlé à 90%»

Un étudiant de 22 ans, originaire de Saint-Étienne, a été grièvement brûlé vendredi 8 novembre après-midi à Lyon après s'être immolé en pleine rue devant un restaurant universitaire situé dans le 7e arrondissement. Prévenue du geste de son compagnon par un sms, la petite amie de la victime, qui étudie à l'université Lyon 2, avait alerté les services de secours.

«Brûlé à 90%», il a été emmené au Centre des brûlés de l'hôpital Édouard Herriot de Lyon. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de son geste.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s'est rendue samedi matin à Lyon pour rencontrer la présidente de l'université et les équipes du CROUS pour leur faire «part de sa profonde émotion face à l'acte dramatique» du jeune homme, «auquel elle a adressé ses premières pensées», selon le ministère.

L'université Lyon 2 a annoncé sur son compte Twitter qu'une cellule d'écoute serait mise en place dès mardi 14h00 sur le campus Porte des Alpes.

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Tags:
immolation, Union européenne (UE), Emmanuel Macron, Lyon
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