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En adressant ses vœux à la presse, Emmanuel Macron a abordé la question de la violence qu’avaient subie certains journalistes lors des manifestations. Indiquant qu’aucun membre des forces de l’ordre n’avait choisi ce métier pour être violent, il est passé au thème de la «violence de rue» et du «nihilisme» de certains.

Prenant la parole le 15 janvier à l’Élysée, où le chef de l’État adressait ses vœux aux journalistes, le Président de l'Association de la presse présidentielle, Olivier Bost, a notamment soulevé la question du travail de ses collègues lors des manifestations, pointant le comportement de certains membres des forces de l’ordre.

«Pourquoi des journalistes professionnels, titulaires de la carte de presse, se retrouvent au commissariat, ou privés de leur protection ou de leur matériel de travail dans le suivi des manifestations? Nous espérons que le rappel à l’éthique des forces de l’ordre fera cesser ces pratiques», a-t-il indiqué en s’adressant à Emmanuel Macron.

«Une violence de rue s’est installée dans notre pays»

Lors de son intervention, le Président a à son tour abordé le thème, mais sous un angle différent.

Soulignant être «très sensible» à ce que la violence, dont des journalistes ont pu faire l’objet, ait été évoquée, il a rappelé qu’aucun gendarme, ni policier ne s’était engagé dans la profession pour être violent, mais l’avait fait pour protéger l’ordre public. Et de passer au phénomène de la «violence de rue».

«Il y a une violence de rue qui s’est installée dans notre pays, dont on avait vu les premières traces au moment d’ailleurs de l’occupation de Notre-Dame des Landes qui avait pris un nouveau tour au moment des événements et des manifestations de 2016 et qui s’est fortement développée ces derniers mois. Il nous faut évidemment non seulement la réprimer, la combattre avec beaucoup de clarté, la sanctionner à chaque fois qu’elle existe», a indiqué le Président, ajoutant qu’il fallait comprendre comment «un tel nihilisme» a pu saisir certains citoyens.

Le Président a en outre pointé que les journalistes avaient été attaqués parce qu’ils étaient des journalistes, car un certain nombre de Français avaient considéré que la profession était devenue leur ennemi.

Et de souligner que «des journalistes au moment de la crise dite des Gilets jaunes ont été protégés par les forces de l’ordre parce qu’ils étaient journalistes».

Revenant aux situations dans lesquelles les journalistes ont été pris à partie, Emmanuel Macron a dit qu’il les condamnait également, pointant qu’il importait que les forces de l’ordre qui sont au service de la loi respectent toute la déontologie et l’exemplarité.

Bilan de Reporters en Colère

Le jour où le Président s’est adressé à la presse, Reporters en Colère, qui se présente comme un collectif de reporters contre la répression et la précarité, a fait état sur son compte Twitter de 13 atteintes à la liberté d’informer recensées lors des manifestations des 9 et 11 janvier.

​Leur liste commence par le cas de Rémy Buisine, journaliste chez Brut, qui a été interpellé le 9 janvier pour le port d’un masque à gaz.

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Tags:
Emmanuel Macron, journalisme, police, violences
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