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Grève générale contre la réforme des retraites en France (170)
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Les députés de la majorité ont déserté l'hémicycle pendant une trentaine de minutes mardi en fin de soirée, pour protester contre «l'obstruction» et une «litanie» d'amendements «sans aucun intérêt» des insoumis et des communistes, lors de l'examen de la réforme des retraites.

De 23h35 à 0h10, seuls les présidents de groupes Gilles Le Gendre (LREM) et Patrick Mignola (MoDem) sont restés dans l'hémicycle pour représenter leurs troupes face à l'opposition pour voter le texte du projet de loi de la réforme des retraites.

L'opposition a dénoncé «du cinéma», «du grand guignol» et une atteinte au droit d'amendement. Puis le ton est encore monté en toute fin de séance, en conclusion d'une «soirée mouvementée» achevée vers 01h00 du matin mercredi.

Une série d’amendements contestée

«Nous venons d'engager une série d'amendements tous identiques, avec encore une fois la volonté manifeste de faire durer inutilement le débat», a pointé Gilles Le Gendre. «C'est notre droit de récuser la nature de ces débats, nous ne souhaitons pas y participer».

«Nous attendons que la litanie se termine avant de retourner en séance pour le débat de fond», a expliqué Roland Lescure (LREM), dans les couloirs du Palais Bourbon.

Les amendements concernés proposaient une série de changements de date pour l'entrée en vigueur des différentes transitions de la réforme des retraites.

Les oppositions ont ensuite enchaîné les rappels au règlement pour dénoncer une «mise en scène» de la majorité, selon le député LR Stéphane Viry, ou du «cinéma» pour le communiste André Chassaigne.

Le socialiste Boris Vallaud y a vu un «résumé saisissant de la façon dont la majorité considère le Parlement».

Selon le député Libertés et Territoires Jean Lassalle, «une majorité doit d'assumer. Ce qu'ils font (les LREM et les MoDem), c'est pas tout à fait chouette, pas à la hauteur de la représentation nationale».

Une phrase qui met le feu aux poudres

Après le retour de la majorité dans l'hémicycle, une déclaration du co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem) a mis le feu aux poudres:

«Certains ont dit "la République, c'est moi" [une allusion à l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, NDLR], eh bien, la République c'est nous et vous, vous n'êtes rien», a-t-il lancé à l'opposition.

Les oppositions ont alors fustigé un «dérapage» d'un rapporteur qui a «perdu ses nerfs». Le président de séance Hugues Renson a reconnu des «propos excessifs» de Nicolas Turquois, qui a d'ailleurs présenté ses excuses.

​Avant ces incidents, chaque camp s'est renvoyé la responsabilité de «l'obstruction» et de «l'absurdité» des débats. Les députés ont piétiné dans l'article 2 du texte, sur les 65 du volet ordinaire de cette réforme des retraites.

Philippe évoque clairement le 49.3

Le Premier ministre Edouard Philippe a demandé mardi aux députés LREM de «tenir encore» face à «l'obstruction» de la gauche de la gauche, tout en assurant que, si besoin, il prendrait ses «responsabilités» en recourant au 49-3, arme de la Constitution permettant d'adopter un texte sans vote.

Chez LFI, François Ruffin a concédé dans l'hémicycle «le côté un peu absurde» et le «non-sens» de «ces amendements qu'on s'enfile en série». Mais ce non-sens répond, selon lui, au «non-sens institutionnel» de la Ve République, avec une «telle concentration des pouvoirs entre les mains de l'exécutif, qui écrase complètement le législatif».

«On ne peut répondre à une absurdité que par une autre absurdité. Face à un Parlement qui est une chambre d'enregistrement des désirs du président (Emmanuel Macron), la seule chose qu'on puisse faire c'est au moins de ralentir cet enregistrement», a-t-il estimé.
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Tags:
crise, députés, Assemblée nationale, réforme des retraites
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