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Un homme, qui s’est vu offrir un vol en Rafale par ses collègues, s’est éjecté accidentellement de l’appareil pendant le décollage. Il a évité des blessures graves mais a été hospitalisé, selon un rapport du Bureau d’enquêtes accidents (BEA).

Un directeur d’une société d’armement, qui effectuait un vol de découverte à bord d’un biréacteur biplace Dassault Rafale B, a atterri dans un champ en France après avoir saisi par hasard la poignée, alors que l’avion volait à plus de 500 km/h à 400 mètres d’altitude, d’après un rapport du Bureau enquêtes accidents (BEA) pour la sécurité de l’aéronautique d’État, publié début avril.

L’incident s’est produit le 20 mars 2019, quelques secondes après le décollage d’une patrouille de trois avions Rafale de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, dans le nord-est de la France.

L’homme de 64 ans, qui se trouvait à bord du troisième avion, a saisi involontairement la poignée d’éjection après que la force du décollage l’a fait «flotter» dans la cabine. Pendant son éjection, il a en outre perdu son casque.

Son parachute s'est ensuite déployé et il a atterri plutôt en douceur dans un champ. Légèrement blessé, il a été transporté à l’hôpital.

Le pilote de 35 ans, qui a échappé à l’éjection automatique, a pu poser l'avion sur la piste malgré la perte de la verrière du cockpit. Selon le rapport, le pilote «souffre de légères contusions au niveau du visage».

Un vol-cadeau qu’il n’a pas pu refuser

Le vol qui s’est terminé de cette façon inattendue était un cadeau de collègues du passager et notamment d’un ancien pilote de l’armée de l’air et l'homme avait le sentiment qu’il ne pouvait pas refuser.

«Ce vol a été organisé par des collègues proches du passager sans l’en avertir afin d’obtenir un effet de surprise. Ce dernier n’a jamais fait état d’une envie de réaliser ce type de vol et en particulier sur Rafale. Avec ses collègues, il s’est rendu la veille au soir à Saint-Dizier sans connaissance du programme des jours suivants […]. Mis devant le fait accompli le jour du vol, il lui a été très difficile de refuser de participer au vol», selon le rapport.

Plusieurs erreurs lors des préparatifs

Les enquêteurs ont établi qu’une série d'erreurs avaient été commises lors de la préparation au vol.

L'homme de 64 ans, pour qui c’était sa «première expérience sur un aéronef autre qu’un avion de ligne», n'a vu le médecin des armées que le jour du vol, quatre heures avant le décollage. Le médecin a autorisé le vol pour le passager avec une limite de facteur de charge à 3G, mais cette information n’a pas été transmise ni au passager ni au pilote pour des raisons informatiques.

Selon les données de la montre connectée du passager, il était extrêmement stressé et avait un rythme cardiaque variant entre 136 et 142 battements par minute pendant le décollage «alors que sa fréquence cardiaque maximale théorique est de 156 battements par minute pour son âge».

Par ailleurs, «le harnais du passager était faiblement serré en partie supérieure» ce qui permettait au passager de flotter. Quand le facteur de charge est passé de 3,5G ou 4G à une gravité inversée de -0,63G, le passager a décollé vers la verrière du cockpit et s’est agrippé à ce qu’il pouvait: la poignée d’éjection.

Le masque à oxygène du passager était «ajusté asymétriquement» et son casque était mal attaché. La sangle jugulaire était ouverte et les deux visières étaient levées, alors que l’une d’elles doit être baissée avant le décollage.

«Le casque du passager n’était retenu que par le système d’attache du masque mal ajusté et ses deux visières étaient relevées au moment de la découpe verrière. La perte du casque fait suite à ces écarts», notent les auteurs du rapport.

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