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Dijon a été le théâtre de spectaculaires affrontements communautaires: quatre nuits de tensions entre bandes de délinquants maghrébins et tchétchènes, sur fond de trafic de drogue, de règlements de comptes et de passivité de l’État. Damien Cantin, élu RN au Conseil régional Bourgogne Franche-Comté, réagit auprès de Sputnik.

«Je n’ai jamais vu un déchaînement de violence comme à Dijon aujourd’hui».

Interviewé au micro de RTL ce 16 juin au matin sur l’explosion de la délinquance, François Molins, procureur général, a le mérite d’être clair. Interrogé sur «ces Tchétchènes qui viennent mener une expédition punitive», il rappelle toute la gravité des évènements qui se sont déroulés dans la capitale bourguignonne.

«On est habitués à l’absence et à l’incompétence de Castaner, de ses amis du gouvernement. Pour les Dijonnais, ça fait trois jours que cela dure. Je pense qu’il faut reprendre en main ces territoires abandonnés de la politique.
J’ai une pensée pour les habitants de ces quartiers qui vivent sous le joug de ces gangs et je pense aussi à tous ceux qui veulent désarmer la police. Ce sont des irresponsables, qui eux vivent bien au chaud chez les bobos. Donc je les invite à aller dans ces quartiers aujourd’hui», tonnait au micro de Sputnik Damien Cantin, conseiller régional (RN) Bourgogne Franche-Comté, dans la soirée du 15 juin.

Quelques heures après notre entretien avec celui qui était aussi et tête de liste RN aux municipales de Dijon, le RAID était déployé dans la capitale bourguignonne. Appuyé par une soixantaine de gendarmes mobiles, d’une quarantaine de CRS et des renforts de la BAC, le groupe d’intervention de la police nationale devait rétablir l’ordre face à «une centaine d’opposants», précisait le préfet Bernard Schmeltz, après trois nuits consécutives d’affrontements intercommunautaires.

Après 72 h de violences, le RAID intervient

Des violences «sur fond de trafic de drogue» et de conflit territorial, expliquait la presse en début de semaine, entre des «habitants de Dijon» et des membres de la communauté tchétchène, venus de toute la France en réponse au lynchage le 12 juin d’un adolescent tchétchène par des dealers locaux plus âgés. La vengeance, un objectif confirmé auprès du Bien public par un homme se présentant comme un Tchétchène.

«Il faut le dire, aujourd’hui, c’est une guerre communautaire entre des Tchétchènes et des Maghrébins, point barre!» appuie Damien Cantin.

Si dans le quartier des Grésilles, les forces de l’ordre semblent avoir finalement maîtrisé la situation dans la nuit du 15 juin, les violences urbaines ont en revanche touché pour la deuxième nuit consécutive la commune de Chenôve, au sud-est de Dijon.

​«Entre 1h et 3h du matin, des voyous ont pris possession de la ville», s’alarmait auprès de France Bleu son maire, Thierry Falconnet, visiblement agacé après avoir été assuré par la préfecture de police que les moyens déployés sur place empêcheraient tout débordement.

Débordement, le mot est faible, en tout cas parlant du quartier des Grésilles: durant tout le week-end, les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux parlent d’elles-mêmes. Attroupement de jeunes du quartier brandissant des armes de guerre, une voiture conduite par l’un d’entre eux qui part en tonneaux après avoir foncé sur une foule de Tchétchènes, scènes d’émeute, etc. Dans la nuit de samedi 13 au dimanche 14 juin, un homme d’une quarantaine d’années est grièvement blessé par balle devant une pizzeria, à la lisière du quartier des Grésilles.

«Expéditions punitives»

Face à ces images choquantes, l’élu régional RN dénonce un «ensauvagement de la société». Une formulation qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Laurent Obertone. En cause, «le laxisme de toutes les personnes qui ont été au pouvoir», estime Damien Cantin, qui renchérit: «aujourd’hui, notre pays sombre dans le chaos.»

«Sous nos yeux, on a la réalité de cet ensauvagement et de ce laxisme qui dure depuis bien trop d’années», déplore encore au micro de Sputnik la tête de liste RN aux municipales.

Laxisme? Lundi 15, Éric Mathais, procureur de la République de Dijon, confirmait à France-3 qu’aucune interpellation n’avait été effectuée. Dans la soirée, le maire de Dijon déplorait auprès de BFMTV un déficit de policiers dans la commune, estimant qu’ils sont «tous affectés à Paris pour sécuriser les manifestations et on nous oublie». Plus tôt dans la journée, l’édile, se disant «sidéré par ce qui s’est passé ces trois jours», dénonçait le manque d’autorité de l’État et promettait que «des renforts arriveront ce soir [lundi 15 juin, ndlr], une ou deux compagnies de CRS, afin de sécuriser et rassurer» à la suite d’un échange téléphonique avec le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

​Les violences à Dijon, imputables à un manque d’autorité de Paris? Un constat que ne partage pas totalement l’opposant au maire de Dijon, qui tient à rappeler le long parcours de François Rebsamen, tant dans la politique locale que nationale. Ancien ministre socialiste du Travail de François Hollande, celui-ci est à la tête de la ville depuis 2001 et brigue un quatrième mandat.

«Il demande de l’aide, mais il a lui-même quelques manettes qu’il n’utilise pas», regrette Damien Cantin, revenant sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’agglomération dijonnaise: «Aujourd’hui, trouver de la drogue à Dijon, c’est chose simple pour tout le monde. […] Ce qui m’interpelle aussi, c’est le trafic d’armes. Aujourd’hui, on les voit, ils sont mieux armés que la Police. […] C’est qu’à un moment donné, on a laissé faire.»

Concédant qu’un maire «a peu de leviers», Damien Cantin estime toutefois qu’il faut «être dans l’action». Au-delà d’armer la police municipale, comme il l’avait proposé lors de sa campagne pour les municipales, la tête de liste RN évoque aussi une solution à ses yeux bien plus dissuasive:

«J’expulserais tous les délinquants des logements sociaux de la ville, parce qu’ils n’ont pas à pourrir la vie des honnêtes gens dans ces quartiers. Donc je les expulserais.»

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