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Le maire de Nice est la cible d’une cinquantaine de plaintes déposées par des membres de la communauté tchétchène. Un rebondissement après les affrontements intercommunautaires qui ont secoué Nice et Dijon à la mi-juin. Retour sur ces violences qu’avait condamnées l’édile niçois.

«Incitation à la haine», tel est le motif de dizaines de plaintes déposées à l’encontre du fraîchement réélu Christian Estrosi. Les plaintes émanent «d’une cinquantaine de personnes d’horizons géographiques différents à ce jour», a précisé Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice.

En l’occurrence, des membres de la diaspora tchétchène qui auraient été indignés par l’amalgame qu’aurait commis l’édile niçois, entre leur communauté et le trafic de drogues, lors d’une réaction télévisée.

«Ce n’est pas à moi qu’il appartient de faire un lien. On voit simplement que dans un certain nombre de quartiers de France, la communauté tchétchène, face à d’autres communautés, lutte pour avoir le monopole du marché de la drogue», avait déclaré le 16 juin Christian Estrosi sur le plateau de BFM TV.

Une déclaration qui survenait dans un contexte bien particulier. Le 14 juin, tard dans la soirée, trois Tchétchènes étaient blessés au cours d’une fusillade dans un quartier sensible de Nice. Le RAID avait été déployé et six individus, dont cinq Tchétchènes, interpellés sur place.

Une flambée de violence, survenue dans la foulée d’une autre. Quelques jours plus tôt, deux frères tchétchènes étaient passés à tabac à coups de barre de fer. Là aussi, des individus, connus des services de police pour trafic de stupéfiants étaient interpellés. Des tensions, en périphérie de la cité azuréenne, opposant «d'un côté, des habitants de la communauté tchétchène et, de l'autre, des jeunes majoritairement originaires du Maghreb et du Cap-Vert».

Non loin de là, dans une cité voisine, quelques semaines plus tôt, deux Tchétchènes «étrangers au quartier» étaient blessés lors d’une fusillade en pleine nuit au pied d’immeubles où sévissaient des dealers. Un drame qui a mobilisé des «pères de familles et grands-pères d'origine tchétchène» habitants ces bâtiments de logements sociaux. Ils ont organisé des rondes afin de mettre fin au point de deal de drogue. L’affaire était médiatisée, lorsque ces familles ont commencé à être la cible de représailles (tags de menaces, voitures incendiées). «La police et la justice sont trop laxistes», regrettait la présidente d'une association de locataires.

Plus tôt à Dijon

Au même moment que survenait cette fusillade, à 600 kilomètres de là, des violences opposant des membres des mêmes communautés secouaient Dijon entre le 12 et le 15 juin. Peu ébruitée par la presse nationale, il faudra attendre le lundi suivant un week-end de violences pour que l’affaire fasse les gros titres. Le temps que le ministère de l’Intérieur réagisse et envoie des renforts de police et de gendarmerie, dont le RAID, les Dijonnais avaient passé trois nuits seuls face aux affrontements et aux démonstrations de forces, parfois à l’arme de guerre. Là encore, à l’origine de ces affrontements intercommunautaires, un jeune Tchétchène passé à tabac sur fond de trafic de drogue.

Le 15 juin, le procureur de la République de Dijon confirmait pour France 3 qu’aucune interpellation n’avait été effectuée après trois nuits de violences urbaines. Un aveu de faiblesse, que Laurent Nunez a tenté d’effacer en promettant, lors d’un déplacement à Dijon, une «réponse ferme». Du côté de la mairie de Dijon, un adjoint a défendu les jeunes qui auraient «garanti la sécurité des habitants». Macron a, pour sa part, demandé au ministère de l'Intérieur d'expulser les fauteurs de trouble étrangers, ce qui excluait donc les «Dijonnais» qui avaient pris part aux affrontements.

Mais ce sera finalement à la mosquée de la ville qu’un «armistice» serait acté entre les représentants des deux communautés. Plusieurs opérations de police de grande ampleur ont eu lieu dans l'agglomération dijonnaise dans la semaine qui s’ensuivait, menant à une série d’interpellations au sein des quartiers sensibles des Grésilles et à Saint-Apollinaire. Des opérations qui étonnamment ont trouvé peu d’écho médiatique. Pour autant, sur le plan de l’image de la France, le mal était fait. Le chef de la République tchétchène Ramzan Kadyrov a estimé, quelques jours après les débordements à Dijon, que «les actes des Tchétchènes ont été corrects» étant donné que «les autorités locales n’ont pas pu mettre de l’ordre».

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