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Islamisme radical et groupes ultra-violents, délinquance quotidienne, violences gratuites et contre les représentants de l’État… Lors de son discours, Jean Castex a annoncé pour la rentrée un projet de loi visant à garantir la «tranquillité publique». Pour Grégory Joron, secrétaire général délégué d’Unité SGP Police FO, il est temps d’agir.

«Ferme et sans complaisance»: telle doit être la «réponse» à l’égard des auteurs des violences qui aujourd’hui pourrissent le quotidien des Français, selon le nouveau Premier ministre. Lors de son discours de politique générale prononcé le 15 juillet devant l’Assemblée nationale, Jean Castex a présenté les chantiers sécuritaires de son gouvernement. «Il faut nommer les choses telles qu’elles sont», a-t-il martelé, visant explicitement «l’islamisme radical sous toutes ses formes.»

Un discours de droite mal perçu par ses anciens partenaires politiques. Une tirade dans laquelle il n’a pas hésité à évoquer les récentes «violences» intercommunautaires qui avaient déchiré Dijon à la mi-juin, ainsi que l’«attaque ignoble» de Philippe Monguillot, lynché à mort le 5 juillet par quatre individus auxquels ce chauffeur de bus avait demandé de porter un masque et de présenter un ticket. Également dans le collimateur du nouveau locataire de Matignon, les «guet-apens», à l’encontre des forces de l’ordre et des pompiers, dont l’un d’eux a été blessé par balle la veille de ce discours, lors d’une intervention sur un feu de motos dans l’Essonne, en marge des festivités du 14 juillet.

Un discours écartant tout laxisme, qui semble rassurer les policiers: «il y a une belle intention», admet Grégory Joron, secrétaire général du syndicat de Unité SGP/FO. Mais si l’exposé a su séduire, reste à voir les travaux pratiques:

«Maintenant, on juge les gens sur les actes par sur leurs paroles. On attend de voir avec impatience, parce qu’il est temps!» lance-t-il au micro de Sputnik.

Pour Grégory Joron, les violences à l’encontre des représentants de l’État appellent une réponse forte qui dépasse le cadre du seul ministère de l’Intérieur. Ainsi renvoie-t-il à la politique pénale, évoquant notamment les juges de proximité, «affectés à la répression de ces incivilités du quotidien», dont Jean Castex a demandé la mise en place au Garde des Sceaux.

«Si on n’a pas une réponse pénale ferme, au moins, à l’encontre de ces agressions-là, on ne s’en sortira jamais, il faut casser ce sentiment [d’impunité, ndlr.] qui s’est développé ces dernières années.»

Pour l’heure, Gérald Darmanin, qui prend la tête du ministère de l’Intérieur, a annoncé lors d’une visite au pompier blessé le 15 juillet qu’un dépôt de plainte aurait systématiquement lieu après l’agression d’un pompier ou d’un représentant des forces de l’ordre.

«Si on laisse faire, ce sera Chicago partout»

Un tournant? «Pas du tout», au regard du syndicaliste. «On ne peut que s’en satisfaire, mais il est dans son rôle», insiste-t-il. Ce dernier souligne que déjà, du temps de Christophe Castaner et de Laurent Nuñez, des signalements pour agression d’un fonctionnaire de police étaient effectués «malheureusement, la Justice n’a jamais suivi», soupire Grégory Joron. Là encore, la balle se retrouve dans le camp du Garde des Sceaux.

«Si on laisse faire, dans 10 ans, ce sera Chicago partout, le western. Si la justice ne suit pas, les gens vont commencer à se défendre tous seuls, c’est ce qu’il faut éviter, on ne serait plus dans un État de droit et la police ne remplirait plus l’office pour lequel elle est faite.»

Même son de cloche face au défi des «minorités ultra-violentes» qui font dégénérer «systématiquement» les manifestations. Pour Grégory Joron, une telle diatribe restera «de l’ordre de l’incantation» tant qu’il n’y aura pas une réflexion sur la doctrine du maintien de l’ordre en France. Notre interlocuteur, qui a passé douze années au sein d’une Compagnie républicaine de sécurité, appelle à une approche plus offensive en amont qu’en aval des rassemblements. En somme, que soient identifiés les individus fauteurs de troubles afin qu’ils puissent être écartés des manifestations ou interpellés après coup.

Le nouveau premier ministre a déclaré se donner 600 jours pour «ressouder la France». Reste à savoir si durant ce mandat très court, Jean Castex parviendra à renverser la vapeur, dans un pays en proie aux conflits de moins en moins larvés.

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Tags:
insécurité, Jean Castex
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