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«Plus de la moitié» des 250 coursiers sans-papiers du livreur de repas Frichti sont sur la voie de la régularisation. Mais les coursiers laissés au bord de la route contestent les critères de sélection des candidatures soutenues par la CGT. Reportage au cœur d’un dossier épineux.

Depuis l’annonce par la plupart des médias de la régularisation de la moitié des livreurs sans papiers employés par Frichti, les coursiers qui sont restés sur le bas-côté de la procédure voudraient comprendre les causes réelles de leur éviction.

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées devant le «hub» de Frichti, boulevard Arago, ce 29 juillet, afin d’élaborer un plan d’action. Malgré leur situation précaire, ils témoignent au micro de Sputnik, «à cœur ouvert» et à visage découvert.

«Ce visage est connu de Frichti et des autres livreurs. Avec ce visage, on saura qu’il y a eu une injustice. Je travaille pour Frichti depuis un an et demi, mais aujourd’hui, je suis éjecté de la liste [des régularisations, ndlr]», soutient Siaka, un livreur d’origine ivoirienne.

À sa grande surprise, le coursier, qui n’avait pas quitté les rangs des manifestants lors du conflit d’un mois et demi qui a opposé la plateforme de livraison de repas à ses livreurs, n’a pas été sélectionné pour la régularisation.

Régularisations: colère et incompréhensions chez les laissés-pour-compte

Pourtant, il surpasserait même tous les critères demandés: Siaka peut justifier de deux ans de présence sur le sol français et de «30.000 euros de chiffre d’affaires avec Frichti» sur l’année 2019.

«Mais je me retrouve éjecté de la liste. Cette injustice doit être réparée, nous voulons connaître la vérité sur la sélection. Je m’adresse à la CGT et aux autres syndicats qui nous ont aidés: il faut achever le travail, pour que ceux qui remplissent les critères figurent sur la liste de régularisation», souligne Siaka au micro de Sputnik.

Les conditions dans lesquelles s’est tenue la réunion entre les représentants de Frichti, le syndicat et les coursiers sont par ailleurs dénoncées par ces derniers. Ils assurent qu’ils ont subi «des pressions», sans pouvoir examiner ni garder un double du protocole transactionnel qu’ils avaient signé. Selon eux, Frichti leur aurait proposé 1.400 € afin de prévenir toute contestation ultérieure contre l’entreprise.

Accompagnés et informés par le Collectif des livreurs autonomes de Paris (Clap), les coursiers espèrent attirer l’attention sur leur situation.

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Tags:
sans-papiers, légalisation, CGT, Frichti, livraisons
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