France
URL courte
Par
214
S'abonner

Dans un contexte sanitaire compliqué, les syndicats ont tenté de raviver la flamme contestataire à Paris. Mais seul un millier de manifestants a défilé dans les rues. Pourtant, ils ne s’avouent pas vaincus et espèrent toujours faire reculer le gouvernement sur ses mesures qualifiées de «régressives». Sputnik était sur place.

Ça y est, c’est le jour de la rentrée syndicale. La CGT, Solidaires et la Fédération syndicale unitaire (FSU) ont lancé, jeudi 17 septembre, un appel à la grève sur l’ensemble du territoire.

Selon la CGT, plus d’une centaine de rassemblements sont organisés, avec comme mot d’ordre «Mobilisés pour un autre avenir».

​Les syndicats réclament notamment des hausses de salaire, la réduction du temps de travail «sans perte de salaire», l’augmentation du SMIC ou encore l’abandon de «mesures régressives», telles que la réforme des retraites et de l’assurance chômage.

Des revendications qui s’inscrivent dans un contexte de précarité grandissante de l’emploi. Selon les statistiques du ministère du Travail, publiées ce jeudi 17 septembre, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a fortement augmenté. Depuis mars 2020, on en dénombre 394, contre 249 sur la même période en 2019. Sur les PSE qui ont été mis en œuvre du 1er au 13 septembre, près de 57.000 ruptures de contrat de travail sont envisagées, indique l’AFP.

Les plans sociaux se multiplient en France

Un symbole des difficultés économiques actuelles nourrit les arguments des syndicalistes: l’annonce de Bridgestone de fermer son usine française, située à Béthune (Pas-de-Calais). Une décision qui devrait mettre sur le carreau les 863 salariés. Sur CNews, Bruno Le Maire a d’ailleurs fustigé ce choix. Selon lui, «c’est une décision révoltante, avec une méthode révoltante et des conséquences révoltantes.»

​C’est dans ce contexte particulier qu’un millier de manifestants a défilé dans les rues à Paris. Au micro de Sputnik, Anne Guyot-Welke, porte-parole de Solidaires Finances Publiques, concède que l’épidémie de Covid-19 a une influence négative sur la mobilisation sociale.

«Les gens ont peur de venir dans la rue, de s’exprimer, mais la colère est là. En responsabilité, on doit essayer de faire converger les mécontentements, qui sont réels, mais dans cette période inédite et exceptionnelle, c’est compliqué.»

Un constat que partage Philipe Martinez, présent en tête de cortège: «il y a beaucoup de colère, et en même temps le climat est anxiogène», a déclaré le leader de la CGT à l’AFP. Avec ce nombre restreint de participants, le rapport de forces joue-t-il en faveur du gouvernement?

Un climat anxiogène

Pour Anne Guyot-Welke, «ce gouvernement ne lâchait pas avant, il ne lâche toujours pas après», estime-t-elle. Et de regretter qu’«il y a des choix gouvernementaux qui ne tiennent pas compte d’une crise qui n’est pas terminée, une crise sanitaire qui a mis en exergue un certain nombre de difficultés dans notre société, de la précarisation, des difficultés sociales et économiques.»

«Aucun enseignement n’a été tiré de cette crise en termes de présence des services publics, de question de pouvoir d’achat et d’orientation politique», avance-t-elle.

Pourtant, le gouvernement a présenté début septembre un plan de relance de 100 milliards d’euros afin d’éviter un effondrement de l’économie française et une explosion du chômage. Celui-ci est censé permettre à la France d’amortir en deux ans les retombées économiques de la crise sanitaire, qui pourrait entraîner une chute du produit intérieur brut (PIB) de plus de 10% cette année. En outre, Jean Castex, Premier ministre, espère qu’il créera 160.000 emplois en 2021.

Malgré la nécessité d’agir pour éviter une crise économique, les trois organisations syndicales indiquent que ce plan de relance «annoncé en grande pompe, ne s’adresse qu’aux entreprises, qui pourront notamment bénéficier d’une exonération d’impôts de production à hauteur de 10 milliards d’euros par an, et cela sans aucune condition ni contrepartie.» Mais quel plan alternatif proposent-ils?

«Aujourd’hui, on estime qu’il y a d’autres choix qui sont possibles avec des financements, en sollicitant une meilleure contribution des sociétés les plus riches, parce qu’il y a des sociétés qui vont bien. À un moment donné, la répartition des richesses doit s’effectuer et c’est le moment de l’exprimer», conclut Anne Guyot-Welke.

Un appel à la solidarité en temps de crise, donc.

Lire aussi:

Une syndicaliste policière s’en prend en direct au patron de BFM TV, accusant la chaîne de «mensonge»
Assassinat de Mohsen Fakhrizadeh: un temps Mossad à Téhéran
Ces 25 propriétaires du 93 ont appris par simple lettre qu’ils étaient expropriés
Plusieurs villages français seront privés d’Internet à cause de la 5G
Tags:
France, gouvernement, syndicats, manifestation
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook