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Affaire Michel, le producteur tabassé par des policiers à Paris (25)
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Le producteur de musique frappé par trois policiers le 21 novembre dit avoir été la cible de propos racistes, avant d’être mis en joue par la suite. La victime avait été interpellée et placée en garde à vue avant que l’IGPN ne se soit saisie.

Le producteur de musique passé à tabac par trois policiers a livré sa version des faits à la presse, devant les locaux de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) où il était venu déposer plainte.

L’homme roué de coups par des agents dans une vidéo diffusée par le média en ligne Loopsider dit avoir été victime de propos racistes. Il affirme également que les policiers ne lui ont pas signifié les motifs de leur présence et pense qu’ils l’ont suivi jusqu’à son studio d’enregistrement.

«Ils ne m’ont rien signifié, ils le savent, ils sont arrivés derrière moi. Je pense qu’ils m’ont suivi, vu comme ils étaient proches de moi quand j’ai ouvert ma porte. Ils m’ont surpris, m’ont fait peur. J’ai entendu un premier “Sale nègre”, j’ai compris», a-t-il déclaré devant les caméras.

La victime a ajouté que plusieurs témoins ont pu entendre ces propos.

Menacé avec une arme?

Le producteur de musique déclare également qu’un agent l’a «braqué» avec son arme, après l’arrivée des renforts de la police. Il explique avoir craint qu’on ne lui tire dessus.

«Bien sûr, j’ai eu peur. J’ai mon téléphone à la main, j’ai un policier qui me braque, qui se cache. Qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu’on va tirer, dès qu’on a un angle? Bien sûr que j’ai peur, les gens qui doivent me protéger me braquent!», a-t-il déclaré à la presse.

La victime a également réfuté la première version des policiers, lesquels l’accusaient d’avoir voulu prendre leurs armes et de les avoir frappés. Il a expliqué ne pas avoir «mis de coup de poing», et a appelé l’IGPN à «faire son travail» pour éclaircir les faits.

D’abord placé en garde à vue

Après son passage à tabac, la victime avait été interpellée puis placé en garde à vue. Une enquête a d’abord été ouverte à son encontre pour «violences sur personne dépositaire de l'autorité publique» et «rébellion».

Le parquet de Paris a finalement classé cette enquête, ouvrant une nouvelle procédure pour «violences par personnes dépositaires de l'autorité publique» et «faux en écriture publique», confiée à l’IGPN.

L’avocate de la victime a d’ailleurs insisté sur l’importance des caméras qui ont filmé la scène. Sans ces vidéos, Me Hafida El Ali pense que son client n’aurait pas pu sortir de détention.

«Mon client a eu la chance d’avoir ces vidéos, permettant de dénoncer ces actes, certes isolés mais qui existent. Si on n’avait pas cela, évidement qu’il serait en détention. Ce serait sa parole contre celle des policiers. Et l’on sait parfaitement que c’est celle des policiers qui l’emporterait», a-t-elle expliqué à la presse.

Les trois agents ont par la suite été suspendus de leurs fonctions, rapporte l’AFP citant une source proche du dossier. Gérald Darmanin avait lui-même réclamé une «suspension conservatoire» au préfet de police, comme il l’avait annoncé sur Twitter.

Dossier:
Affaire Michel, le producteur tabassé par des policiers à Paris (25)

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Tags:
racisme, producteur, Inspection générale de la police nationale (IGPN), violences policières
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