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Une poignée d’élus, accompagnés de membres associatifs, se sont réunis devant l’Assemblée nationale pour interpeller le gouvernement. La raison? Ils estiment que l’État abandonne les clubs de sport dans les quartiers prioritaires de la ville. Des structures pourtant primordiales pour une jeunesse à la dérive.

«Aujourd’hui, on est là pour montrer notre désarroi par rapport à ce qui est proposé par le gouvernement. […] Je pense qu’ils ne sont pas au courant de ce que font les clubs de sport.»

Michel Gacem, adjoint au maire en charge du sport de la ville de Roubaix, ne peut cacher son dépit au micro de Sputnik. Ce jeudi 17 décembre, il fait partie de la vingtaine d’élus qui ont décidé de se réunir devant l’Assemblée nationale, accompagnés d’une dizaine de responsables associatifs.

​Tous pointent l’urgence d’agir en faveur des clubs de sport présents dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV), actuellement confrontés à de grandes difficultés.

Dernier rempart pour la jeunesse

Comme l’explique Michel Gacem, «ce n’est plus comme il y a 30 ans, le club de sport est devenu un lieu de vie».

«On parle d’insertion, de décrochage scolaire, de suivi des enfants, alors que ce n’est pas leur thématique. Aujourd’hui, il y a tellement de demande que malheureusement, les clubs sont obligés de prendre ce relais-là sinon les gamins se retrouvent à tenir les murs, en train de dealer ou de faire des bêtises.»

Présent également durant cette manifestation, André Lazaoui, responsable du club Roubaix Sport et Culture, qui a perdu 15 emplois aidés ces dernières années, enfonce le clou: «Si vous enlevez le sport dans les quartiers, ça s’embrase.» Sans les clubs, «qui sont quasiment le dernier rempart, c’est la catastrophe dans ces territoires».

Malgré l’importance de leur action et leur présence quotidienne auprès de la jeunesse, il fustige un manque de reconnaissance:

«Aujourd’hui, on ne sent pas du tout respectés», regrette André Lazaoui au micro de Sputnik.

Dans une tribune publiée par le Nouvel Obs début décembre, 80 élus de tous bords politiques confondus ont lancé un appel à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, et à Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports.

La crise sanitaire accentue les difficultés

Ils déploraient que les projets soient «trop peu soutenus et pas assez reconnus», malgré leur «efficacité» et leur «utilité sociale». En outre, ils soulignaient l’impact dramatique de la crise sanitaire sur les associations sportives, notamment celles qui sont implantées dans les quartiers.

Un constat que partage Sanaa, membre associative. «À cause de cette période de Covid-19, le sport amateur est en déclin. On a des carences et on a besoin d’être encore plus soutenus, même si on l’est déjà par les municipalités ainsi que par les autres instances», explique-t-elle à Sputnik.

​Yoann Ferreira, membre de l’association Parkour59 qui accompagne plus de 200 jeunes dans la ville de Roubaix, rappelle quant à lui que la situation était déjà très compliquée. Mais dorénavant, «c’est encore plus dur de travailler, d’accomplir nos tâches dans des conditions qui sont de plus en plus dégradées», observe-t-il. «C’est maintenant qu’il faut réagir, c’est maintenant qu’il faut nous entendre pour que l’on puisse remonter la pente», plaide Yoann Ferreira.

À la suite de la publication fin novembre dans L’Équipe d’une autre tribune, cette fois signée par des personnalités sportives et des responsables associatifs, le gouvernement avait tenu à réagir. Sur Europe 1, Roxana Maracineanu avait assuré que «les 400 millions d'euros en soutien au sport annoncé par Emmanuel Macron ne sont pas uniquement destinés au sport de haut niveau». La ministre avait également indiqué que l’État devrait aller «bien au-delà» des 50 millions d’euros demandés par les signataires. Une somme qui devrait bénéficier «à ces associations pas seulement pour faire de la compétition, mais aussi pour intégrer les jeunes dans la société. Car le sport a une utilité sociale».

Dans les faits, selon les élus, le ministère des Sports ainsi que l’Agence nationale du sport ont évoqué un budget de 75 millions d’euros affecté aux projets socio-sportifs. Néanmoins, la répartition de cette enveloppe n’a pas encore été communiquée. Pis, l’Assemblée nationale a rejeté, mercredi 16 décembre, l’amendement de 10 millions d’euros pour le sport dans les QPV, pourtant voté à l’unanimité par le Sénat.

​«Il ne faut pas que la souffrance dans laquelle nous sommes aujourd’hui nous empêche de continuer notre travail de longue haleine car cela serait très dommageable pour les clubs et les jeunes. […] La cause est tellement noble qu’elle ne peut être négligée», prévient Sanaa.

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