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Le maintien de la fermeture des remontées mécaniques a entraîné une vive déception dans les rangs des professionnels des sports d’hiver. Ils ne comprennent pas cette décision, alors qu’ils affirment avoir tout fait pour assurer la sécurité sanitaire dans les stations de ski.

Les professionnels de la montagne espéraient de la poudreuse, ils n’ont reçu qu’une douche froide.

Les remontées mécaniques ne sont finalement pas autorisées à ouvrir ce 7 janvier, comme initialement promis par le gouvernement. «On ne comprend pas!» s’exclame au micro de Sputnik Alexandre Maulin, président du syndicat des Domaines skiables de France, qui regroupe les exploitants des remontées mécaniques et des domaines skiables.

Des pertes, encaissées et à venir, colossales

Même s’il existe dans les domaines skiables d’autres activités ne nécessitant pas de Remonte-pentes, il s’agit pour eux d’une question de survie. Sur la période des fêtes de fin d’année 2020, le président de la chambre syndicale rapporte une baisse de «70% de la fréquentation sur le territoire de la montagne

«Les vacances de Noël démontrent que sans le ski de piste, les stations ne peuvent pas vivre. C’est le moteur économique de nos territoires», soutient Alexandre Maulin.

En prévision des fermetures, le gouvernement a promis début décembre des aides pour les professionnels, à hauteur de 400 millions d’euros. Une goutte d’eau par rapport au manque à gagner pour ce secteur dans lequel la France tient le haut du pavé, avec neuf milliards d’euros de chiffre d’affaires, selon un rapport sénatorial de 2002.

«Sur la fin de l’année, le secteur de l’économie touristique de montagne a perdu plus de 1,6 milliard d’euros de recettes par rapport à la saison précédente», estime Alexandre Maulin.

Face à la situation sanitaire particulière, tous les professionnels de la montagne se sont adaptés. Le président des Domaines skiables détaille le plan complexe qui a été mis en place «depuis le mois de juillet». Le syndicat a travaillé avec tous les acteurs de la montagne «pour avoir un protocole à l’échelle de la station de ski.»

«Malheureusement, avec tous ces efforts et tout ce qui a été mis en place, certains continuent à nous voir comme un risque, alors que c’est une activité de plein air. Il est complètement incompréhensible que l’on soit encore fermés», conclut Alexandre Maulin.

Cette suspicion s’avère également peu compréhensible pour Christophe Bergamini, directeur de l’office de tourisme de Lac-Blanc, une station vosgienne, près de Colmar. «Regardez le référentiel sanitaire pour les remontées mécaniques: un siège sur deux occupé, le masque obligatoire. Ajoutez le masque, le bonnet, les lunettes, les gants que portent les skieurs. Tout réduit la diffusion du virus!» s’exclame le directeur.

Les remontées mécaniques, poumon des stations

La fermeture hivernale des remontées mécaniques surprend d’autant plus Christophe Bergamini que la station le Lac-Blanc «s’est adaptée depuis l’été», alors que les touristes venaient y pratiquer le VTT. Cette fermeture affecte fortement l’économie de la station, malgré sa situation entre 900 et 1.200 mètres d’altitude et une offre variée d’activités hivernales ne nécessitant pas de tire-fesses, entre autres, le ski de fond.

«Oui, il y a du monde et on a l’impression que tout va bien. Mais quand on regarde les caisses, le chiffre d’affaires n’est pas là», déplore au micro de Sputnik Christophe Bergamini.

Dans le chiffre d’affaires global de cette station, celui des remontées mécaniques est le plus important, «loin devant le ski de fond, qui ne représente que quelque 4% du CA des remontées», suivi de la restauration et des locations. Tout était prêt pour l’ouverture: les canons à neige ont rajouté «plus de 100.000 m3 de neige pour compléter la neige naturelle qui est tombée en abondance» et les remontées mécaniques «sont dans les starting-blocks».

Surtout, la neige est là, en quantité jamais vue «depuis quatre ans».

Les stations de ski dans le brouillard des décisions gouvernementales

La déception du directeur de l’office du tourisme est d’autant plus grande que la logique de l’exécutif lui semble contre-productive.

«Le gouvernement a fermé le ski alpin pour éviter le brassage de population.» Pourtant, «on aurait dispatché beaucoup plus facilement les flux si le domaine alpin était resté ouvert.»

Les touristes, «concentrés sur les pistes de luge, sur les circuits raquette et de ski de fond», ont également pris d’assaut les quelques hôtels et locations ouverts.

«Les établissements ouverts ont affiché un taux de remplissage extraordinaire. Mais sur l’offre globale de plus de 8.000 lits touristiques du territoire, on est à un taux d’occupation de 30-35%», détaille M. Bergamini.

Les professionnels vosgiens souhaitent «que le gouvernement annonce rapidement si on a droit d’ouvrir pour le mois de février». L’incertitude dans laquelle vivent les montagnards risque de se répercuter sur la clientèle qui se lasse d’attendre, et qui risque de s’orienter «vers d’autres destinations».

«On nous dit qu’on ferme les stations pour ne pas concentrer les gens, alors qu’ils se concentrent ailleurs», glisse Christophe Bergamini.

Ailleurs en Europe, les règles diffèrent. «Le ski, étant un sport de plein air, peut être pratiqué en toute sécurité», a ainsi affirmé le gouvernement autrichien. Malgré le confinement du pays, ses 400 stations du sport d’hiver sont restées ouvertes. À une condition cependant: elles ne sont accessibles qu’aux locaux. 6.000 touristes avaient été infectés au début de l’année 2020 dans les stations de ski d’Autriche.

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Tags:
France, tourisme, stations de ski, ski alpin
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