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Ça sent le sapin pour le monde de la culture mais les professionnels ne sont pas prêts à enterrer leurs métiers. À la suite de l’appel national à la mobilisation des gens du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel, une centaine de personnes se sont réunies devant l’Opéra Garnier à Paris. Reportage.

De nombreux professionnels du spectacle vivant et de l’audiovisuel se trouvent toujours dans l’impossibilité de travailler en raison des interdictions imposées aux lieux de spectacle et aux salles de cinéma. Après une manifestation massive le 15 décembre dernier qui a mobilisé près de 20.000 personnes à travers la France, ils battent à nouveau le pavé «pour dénoncer la politique irresponsable menée par le gouvernement à l’encontre du secteur culturel».

«Le gouvernement nous balade en disant que tout est fait pour le spectacle. En réalité, comme pour l’ensemble des secteurs économiques, il préserve les grosses structures, mais pas les précaires qui font de la création», proteste un organisateur syndicaliste.

Les gens de la culture ont accumulé les reproches envers leur ministre. Ils dénoncent ses propos contradictoires: malgré sa promesse que «le gouvernement n’a pas failli et ne faillira pas sur ce front», Roselyne Bachelot a annoncé, lors de la réunion du 13 janvier en présence des organisations patronales et syndicales du secteur, que «les premières mesures de soutien à l’emploi d’artistes et de techniciens ne verront pas le jour avant octobre 2021». Sans préciser aucune enveloppe budgétaire.

Le théâtre de rue n’y est plus le bienvenu

Judith, metteuse en scène et coprésidente de la Fédération régionale des arts de la rue d’Île-de-France (FERUE), souligne au micro de Sputnik «l’importance» d’exprimer la voix des professionnels «complètement oubliés».

«C’est comme si nous étions jetables, comme des sapins après Noël. Utilisés pour une fête, puis jetés à la déchetterie», déplore-t-elle.

La situation est d’autant plus incompréhensible pour Judith qu’elle fait partie du théâtre de rue, où «on peut jouer en adoptant tout le protocole» exigé dans le cadre sanitaire. Mais l’aspect financier de l’arrêt de l’activité, avec une «perte de 30% à 40% des revenus», n’est pas le seul sujet qui inquiète l’artiste.

«On ne peut pas s’exprimer, on est comme ligotés, mis au rebut de la société», reproche la metteuse en scène.

En attendant la reprise, les artistes sont «obligés de trouver un travail d’appoint». Et Judith énumère les mesures revendiquées par les manifestants: l’autorisation du spectacle de rue et «la rémunération des répétitions», sans public.

Un gâchis pour le public aussi

Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, s’insurge au micro de Sputnik lui aussi contre «l’interdiction de travailler» pour les gens du spectacle depuis mars 2020.

«Le spectacle vivant n’est pas fait par les permanents, comme à l’Opéra de Paris dont une partie du salaire est couverte par la dépense publique. Les intermittents ont vu leur activité se dégrader considérablement. Pour certains, c’est 40 euros par jour. Comment vivre?», interroge-t-il.

Selon le syndicaliste, «depuis le mois de novembre», la ministre de la Culture invitait les artistes empêchés d’être sur scène à «continuer à créer, répéter, enregistrer et diffuser leurs spectacles». Pourtant les professionnels ne reçoivent pas le financement correspondant à leur travail.

«Souhaitait-elle que les artistes et techniciens travaillent gratuitement? C’est un gâchis aussi pour le public: une perte des compétences dans tous les arts du spectacle vivant», conclut Denis Gravouil.

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Tags:
manifestation, Paris, intermittent du spectacle (IDS), spectacle vivant, spectacle
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