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«Pour que le printemps d'une espérance refleurisse dans nos salles!» Des dizaines de compagnies théâtrales accueillent le public pendant une heure ce samedi 30 janvier, lors d'une opération Théâtres ouverts. Une façon pour les gens du théâtre de protester contre les décisions gouvernementales. Reportage.

Sur tout le territoire national, de nombreux théâtres ouvrent «symboliquement» leurs portes ce samedi 30 janvier, dans le cadre de l’opération Théâtres ouverts. Les directeurs des salles et des compagnies ont soutenu «un appel au secours» lancé par Laurent Rochut, directeur de la Factory, à Avignon. Celui-ci critique l’action du gouvernement envers les lieux de culture, accusant l’exécutif de «se cacher lui-même derrière des comités d’experts». «Le principe de précaution est devenu un principe d’abstention», fulmine-t-il. Un passage plus que périlleux pour le secteur qui comptait 276.000 intermittents du spectacle en 2019, résidant principalement en Île-de-France.

Pour une heure, la vie théâtrale renaît

Bouffon Théâtre, l’un des lieux intimistes où s’épanouit le spectacle vivant dans la capitale, s'apprêtait à accueillir pour l’occasion une lecture de textes en vers et en prose. Les membres de cette troupe souhaitaient participer à Théâtres ouverts pour «se faire du bien à eux-mêmes, aux murs du théâtre qui s’ennuient, au public et aux amis qui viennent y assister pour une heure». Le projet n'a pas pu se réaliser, puisque le responsable du lieu «a, évidemment, mis un veto clair et net».

«Là, je pense que c’est même moins dangereux qu’en TGV ou dans une queue lors des soldes. Je trouve que c’est plus nécessaire d’écouter de la poésie que aller acheter des pulls au H&M», assure Véronique Boutonnet au micro de Sputnik.

La directrice de compagnie déplore cette privation de culture «pour tout le monde», à travers la fermeture des cinémas, des musées et des salles de spectacle. «Mon plus grand problème, ce n’est pas l’intermittence, mais que l’art soit totalement à l’arrêt», insiste Véronique Boutonnet.

«C’est très compliqué de répéter, sans avoir un objectif. C’est démoralisant, tant qu’on n’arrive pas à imaginer un avenir avec le public, sans avoir de dates», détaille Véronique Boutonnet.

Refusant de baisser le rideau sur ses aspirations, la compagnie continue à travailler sur Martin Eden de Jack London. Texte dans lequel les artistes trouvent que «l’actualité résonne très fort». D’après celle qui assure la mise en scène, le seul élément qui manque désormais à leur travail, «c’est le public».

L’absence de dates programmées démotive 

Même constat pour Régis Vlachos, qui dirige la Compagnie du grand soir. Il cite «une démoralisation» qui s’installe dans le milieu artistique en absence de dates programmées et face aux reports d’ouverture des salles. Bien que la vie «sous perfusion», avec les droits prolongés jusqu’au 31 août 2021 et «les fonds de la solidarité», assure aux intermittents un niveau minimal de revenus, les compagnies perdent les recettes des représentations.

«On nous demande, au nom de la justice, de nous aligner sur la restauration. Dommage de vivre dans un pays où la culture s’aligne sur la restauration», s’emporte Régis Vlachos.

Ce comédien et directeur de la troupe rappelle son expérience des représentations en automne 2020, «avec le public masqué et les jauges réduites».

«On n’est pas motivé pour écrire des projets en vue de jouer en 2026. S’y ajoute une colère contre l’injustice de la fermeture de salles qui ne représentent aucun risque», s’insurge Régis Vlachos.

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Tags:
spectacle, intermittent du spectacle (IDS), spectacle vivant, contestation, Covid-19
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