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Le taux d’occupation en réanimation, indicateur utilisé par le gouvernement comme par les médias, est supérieur à 100% sur le plan national. Calculé à partir des capacités de 2019, il englobe différents types de soins et recouvre une réalité complexe.

Selon les données gouvernementales, le taux d’occupation des lits en réanimation avoisinait les 103% en France, au 2 avril. Un chiffre trompeur, car il ne reflète pas en temps réel le nombre de lits occupés, rapporte Le Parisien.

L’indicateur souffre en effet de plusieurs biais. Tout d’abord, il ne prend en compte que la capacité en lits dite «initiale» (un peu plus de 5.000 en 2019), et non la totalité des lits «armés», laquelle s’élevait à 7.906 au 30 mars. Le taux d’occupation donne donc une image de la pression exercée sur les hôpitaux à partir d’un point fixé avant la crise.

Avec un total de 5.254 patients Covid en réanimation et près de 5.000 lits «initiaux», il est donc logique que le taux d’occupation dépasse les 100% au 2 avril.

Par ailleurs, le qualificatif de «patient en réanimation» est lui aussi sujet à caution. Il englobe les patients admis dans un service de réanimation, mais également ceux admis en «unité de soins intensifs» et en «unité de surveillance continue». Ces trois structures dispensent des soins dits «critiques», mais l’état des malades peut varier, depuis une défaillance unique jusqu’à des défaillances vitales multiples, comme le détaillait Le Monde en novembre dernier.

«Tous ont besoin de recevoir de l’oxygène, mais un service de réanimation permet de mettre beaucoup plus de moyens et, si nécessaire, d’intuber les malades », explique encore au Parisien Stéphane Gaudry, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital Avicenne de Bobigny.

Le nombre de patients réellement en service de réanimation, et pas seulement en soins critiques, était de 3.827 au 30 mars, selon le point hebdomadaire de Santé Publique France.

Passer la barre des 10.000 lits?

Pour faire face à la recrudescence de cas de Covid-19, Emmanuel Macron avait justement annoncé une augmentation des lits en réanimation, dans son allocution du 31 mars. Le chef de l’État compte porter leur nombre «au-delà de 10.000» dans les jours à venir. Les hôpitaux parisiens sont particulièrement concernés.

Selon Libération, cette augmentation s’appuiera notamment sur une politique de déprogrammation des opérations pour les patients non-Covid. Des lits de soins ambulatoires et de surveillance devraient ainsi être réquisitionnés, selon une note de recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) citée par le quotidien.

Mais plus encore que les moyens matériels, c’est le manque de personnel pour s’occuper des malades qui inquiète.

«Les lits, nous les avons, les murs, nous pouvons les pousser. Le problème, c'est d'avoir le personnel qui va s'occuper des patients», explique au Figaro Ferhat Meziani, médecin réanimateur au CHU de Strasbourg.

Pour pallier ces problèmes de ressources humaines, des formations accélérées à la réanimation ont été mises en place pour les infirmiers, notamment par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Par ailleurs, certains pointent une corrélation entre l’explosion du taux d’occupation en réanimation et les ratés de la campagne vaccinale. Tout particulièrement en Seine-Saint-Denis, où ce phénomène a dépassé les 150%.

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Tags:
médecine, soins intensifs, infirmier, hôpital, Covid-19
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