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Polémique autour des dîners clandestins en France (34)
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De nombreux dîners clandestins seraient organisés dans des restaurants de luxe de Paris. L’élite ignore-t-elle les règles à respecter par tous les Français? Pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, «ce ne sont pas des gens qui représentent l'élite, ce sont des gens qui représentent la délinquance».

Invité ce 7 avril dans la matinale de CNEWS, Jean-Pierre Raffarin est revenu sur le scandale des dîners clandestins ébranlant ces derniers jours la France. Des repas hors-la-loi qui contreviennent aux restrictions gouvernementales et font fi des mesures sanitaires, comme le port du masque, se tiendraient régulièrement. L'un des organisateurs de ces soirées, Pierre-Jean Chalençon, se vante dans un reportage d'y dîner avec des ministres, ce qui soulève l’idée d’une élite semblant se croire au-dessus des lois.

L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac refuse cependant de voir dans ce comportement l'illustration d'une élite.

«Ce ne sont pas des gens qui représentent l'élite, ce sont des gens qui représentent la délinquance. C'est une déviance, dès qu'il y a une règle il y a des gens qui cherchent à échapper à la règle», estime-t-il.

Selon lui, «participer à un dîner clandestin c’est une triple faute: une faute contre la loi, contre les siens et contre les autres». «Cela doit être sanctionné. C'est quelque chose qui montre un esprit déloyal vis-à-vis de la République».

Les ministres font-ils preuve d’exemplarité?

Qui était donc présent aux dîners clandestins supposément organisés par le collectionneur Pierre-Jean Chalençon à Paris? Interrogé au micro d'Europe 1 le 6 avril, Gérald Darmanin a assuré «qu'à sa connaissance», «aucun ministre» n’y figurait. 

L’éventuelle présence d’un membre du gouvernement à une soirée clandestine, évoquée par la Société des journalistes (SDJ) qui se réfère à «d’autres sources en off», a été réfutée aussi par Emmanuelle Wargon et Olivier Dussopt, lesquels défendent l’exemplarité de leurs collègues soumis aux mêmes règles que tous les Français.

«Aucun ministre n'a pu prendre part à de telles soirées», car ils «sont astreints aux mêmes règles que les Français», a déclaré Olivier Dussopt sur le plateau de Talk - Le Figaro.

Interrogé par LCI le 4 avril, Gabriel Attal a déclaré qu’il «ne croi[t] pas une seule seconde que des membres du gouvernement se rendent dans des restaurants clandestins». «Non seulement on doit les [règles] respecter comme tous les Français, comme tous les citoyens, mais en plus de ça, on a un devoir d’exemplarité».

Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a tenu à «défendre» Attal, cité dans cette affaire. S’il avait précédemment reçu une invitation à un dîner sans une date concrète, il l’avait toutefois «fermement» refusée.

Elle a en outre estimé que «si des ministres ou des députés» avaient participé à des dîners clandestins à Paris, comme affirmé dans le reportage de M6, «il faut qu'ils soient pénalisés comme n'importe quel citoyen». 

La préfecture de police de Paris a ouvert une enquête pour vérifier les faits rapportés dans ce reportage à la demande du ministre de l'Intérieur. Les propriétaires des lieux et les organisateurs risquent un an de prison et 15.000 euros d'amende pour mise en danger de la vie d'autrui. Les participants, quant à eux, peuvent recevoir deux amendes de 135 euros: l'une pour non-respect du couvre-feu, l'autre pour non-port du masque.

Dossier:
Polémique autour des dîners clandestins en France (34)

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Tags:
délinquance, dîner, élites, Jean-Pierre Raffarin
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