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Alors que les effectifs de la police manquent, sujet au cœur du Beauvau de la sécurité, le Canard enchaîné relate que le ministère de l’Intérieur a augmenté le personnel destiné à «polir l’image du ministre» qualifié de «commissaires communicants» par les policiers eux-mêmes.

Alors que des syndicats de police et de nombreux élus crient au manque d’effectifs dans la police face aux violences urbaines, Beauvau vient de recruter 12 commissaires en tant que communicants, rapportait le 7 avril le Canard enchaîné.

La mission de ce personnel consiste à «occuper les ondes et les plateaux de télé pour vanter, jusqu’à l’élection présidentielle, la salade du ministre de l’Intérieur», poursuit l’hebdomadaire.

Selon le média, avant le recrutement des 12 intéressés, il y en avait déjà eu «une tripotée», dont trois porte-parole pour la gendarmerie, la préfecture de police et le ministère de l’Intérieur.

«Commissaires politiques»

À cet effectif ont été ajoutés «une porte-voix de la police venue de l’antiterrorisme» et «11 adjoints à temps partiel piochés au sein des services opérationnels». Le Canard indique que les policiers eux-mêmes ont baptisé cette nouvelle troupe «commissaires politiques», et ce avant son entrée en fonction.

Également abordé dans les colonnes de l’hebdo, le nombre de chargés de communication au sein des différents services de la police:

  • Service d’information et de communication de la police nationale (SiCoP): 45
  • Service de la communication de la préfecture de police (Sercom): 50
  • Délégation à l’information et à la communication de la place Beauvau (Dicom): 105
  • Sirpa gendarmerie: 55 (épaulés par quatre assistants)
  • Préfectures: 150.

Le Canard enchaîné rappelle qu’avant ce «renfort» des «commissaires politiques […], une armada de 409 agents œuvrait déjà à polir l’image du ministre, à vanter son action […] et à satisfaire les chaînes d’info en continu».

«Évidemment, cela contribue un peu à vider les commissariats. Des flics dans le poste ou au poste, il faut savoir ce que l’on veut», conclut le média.

Manque d’effectifs

Au début de son quinquennat, Emmanuel Macron s’était engagé à créer 10.000 postes dans la police et la gendarmerie. Dans le cadre du Beauvau de la sécurité, dont des réunions avec des policiers se tiennent depuis janvier à travers tout le pays, le ministre de l’Intérieur a promis des renforts en effectifs dans de nombreux départements.

Par exemple, à Bordeaux, Gérald Darmanin a annoncé le 25 mars que «140 policiers supplémentaires [allaient] être affectés, dont 70 dès la rentrée de septembre».

https://twitter.com/GDarmanin/status/1374833244135391244

Se félicitant de cette annonce, le syndicat Alliance Police nationale a cependant tenu à souligner qu’avant son arrivée à Bordeaux, il l’avait invité «à plusieurs reprises».

En outre, lorsque Darmanin a annoncé fin février l’envoi de 60 gendarmes à Saint-Chéron et de 30 policiers à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), villes touchées par des affrontements entre bandes rivales, Alliance Police nationale a qualifié cette mesure «de poudre aux yeux», car elle réclamait «depuis des années […] 200 renforts» dans ces secteurs sensibles.

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Tags:
police, gendarmes, France, ministère français de l'Intérieur, Gérald Darmanin
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