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Débat sur l'instauration d'un passeport vaccinal (45)
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Le pass’ sanitaire européen est dans les tuyaux. Il devrait entrer en vigueur dès la fin du mois de juin, selon le Secrétaire d’État aux Affaires européennes. Une idée liberticide, «contre-productive et superflue» selon François Asselineau, qui révélerait au grand jour les arrière-pensées politiques de la classe dirigeante française.

Un pas de plus vers le passeport sanitaire européen. Le document attestant d’une vaccination, d’un test PCR négatif ou du rétablissement du Covid-19 devrait en effet être uniformisé «autour du 20 juin», a précisé Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, sur Europe 1, le 16 mai dernier. Actuellement en discussion entre les vingt-Sept, il permettrait à chaque citoyen concerné de se rendre partout au sein de l’Union européenne, «de Paris à Athènes ou de Madrid à Berlin», en ayant recours au «même code».

​«Un outil de réouverture, pas de fermeture» a plaidé Clément Beaune, essentiel selon lui pour faciliter le retour de «la circulation en Europe». Interrogé par Sputnik, le président de l’UPR voit dans cette «rhétorique habituelle» de l’Union européenne, «reprise ici par Clément Beaune», une façon de faire «faire passer des vessies pour des lanternes et une situation catastrophique pour une opportunité.»

Une chance pour la France?

Dans la nuit du mardi 11 mai, après un premier vote négatif à cause des parlementaires du Modem, l’Assemblée nationale a finalement adopté l’article 1 du projet de loi de «gestion de la sortie de crise sanitaire». Un texte ouvrant la voie au très controversé passeport sanitaire. En tout cas, dès le 9 juin, il sera rendu obligatoire pour l’accès à certains lieux de rassemblement excédant la jauge des 1.000 personnes (stades, festivals, foires…). 

​Son extension au niveau européen pour la fin du mois de juin «n’est pas une obligation de plus, mais une chance», s’est défendu le Secrétaire d’État aux Affaires européennes. Un argument qui ne passe toujours pas chez certains:

«Non, ce n’est pas une chance pour nos libertés, mais bien une contrainte nouvelle», lui rétorque François Asselineau à notre micro. Pour qui ce pass’ est «une atteinte à la liberté de déplacement et plus largement aux libertés individuelles. On ne demande pas pareil passeport pour la tuberculose, le paludisme ou la fièvre jaune en France.» 

Dès son apparition dans le projet de loi déposé au Parlement juste avant Noël, qui visait à prolonger l’état d’urgence sanitaire, les voix s’étaient élevées contre le passeport sanitaire. Face à la bronca, le gouvernement faisait marche arrière dès le lendemain. À la mi-janvier 2021, il écartait encore l’idée en parlant d’«un débat prématuré». 

​Mais avec 20 millions de vaccinés en France, la donne a changé. À la fin du mois de juin, le document devrait donc devenir obligatoire «pour circuler en Europe». Une fois le code obtenu et entré dans l’application TousAntiCovid, chaque utilisateur obtiendra un QR code (une attestation papier sera également disponible), valable à l’entrée de chaque pays européen.

Le pass’ vaccinal, outil de promo de la «solidarité européenne»?

Néanmoins, l’uniformisation est encore imparfaite. Certains pays, à l’exemple du Danemark, contraignent les voyageurs arrivés sur leur sol à une quarantaine de 10 à 14 jours. Encore «un point de débat», reconnaissait le secrétaire d’État. Et une incertitude qui s’ajoutera à celle du prix des tests PCR, gratuits en France, mais allant jusqu’à 200 euros en Finlande. «Sans parler des problèmes de logistique», souligne François Asselineau: «la densité des trafics transfrontaliers avec la France empêchait soit disant tout contrôle aux frontières», ironise-t-il. 

En définitive, la course des dirigeants français refléterait «une arrière-pensée politique et géopolitique», appliqués selon lui à poursuivre leurs fins européistes depuis le début de cette crise, sous couvert d’efficacité médicale.

«Il est incohérent de contraindre à des quarantaines lourdes en France, à la frontière, des personnes en provenance du Qatar, de Bahreïn ou de Colombie, aux taux de mortalité bien moins élevés que ceux des pays européens. En réalité, on veut absolument faire circuler les gens à tout prix en Europe et faire avancer coûte que coûte l’idée d’une solidarité européenne naturelle», assène-t-il à notre micro.

Un aveuglement européiste qui se heurte au démenti de la science donc, selon François Asselineau. Et notre interlocuteur de citer l’Organisation mondiale de la santé, «à laquelle pourtant le gouvernement se réfère habituellement» pour illustrer «la contre-productivité et la superficialité» d’un tel passeport. Lors de la réunion de son comité d’urgence le 15 avril, l’organisation s’était déclarée défavorable au passeport vaccinal, «étant donné les preuves limitées (bien que croissantes) concernant la performance des vaccins sur la réduction de la transmission.»

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Débat sur l'instauration d'un passeport vaccinal (45)

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Tags:
François Asselineau, anti-vaccins, dictature, passeport sanitaire, Union européenne (UE)
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