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Indignés par la politique de la mairie, des centaines d’habitants en colère sont venus mardi 6 juillet devant l’Hôtel de Ville pour dénoncer «le saccage» de Paris et notamment la destruction du patrimoine, le manque d’entretien de la voirie et des espaces publics ainsi que l’échec à gérer la crise du crack.

Répondant à l’appel de plusieurs associations, dont l’Union Parisienne, quelques centaines d’habitants ont protesté devant l’Hôtel de Ville dans la soirée du mardi 6 juillet, lors de la première journée du Conseil de Paris.

​Le rassemblement se déroulait sous le hashtag #SaccageParis qui compile sur les réseaux sociaux des images dénonçant la saleté de la ville. Entre autres, les manifestants déploraient les choix esthétiques de la mairie, le manque d’entretien de la voirie, «les projets de bétonisation en tout genre» ainsi que «les abattages d’arbres en série», indique un communiqué.

Comme l'a constaté un correspondant de Sputnik sur place, les gens ont également été indignés par le problème non résolu des toxicomanes dans le XIXe arrondissement.

«Une détresse collective»

Aurélien Véron, conseiller de Paris, élu de Paris Centre, a expliqué à Sputnik qu’il était là pour soutenir les organisateurs de l’évènement et a souligné qu’il s’agissait «d’une manifestation apolitique».

«J’entends leur détresse, ils attendent de moi que je change les choses, mais je ne peux pas le faire, je suis élu de l’opposition, je ne suis pas dans la majorité et donc je viens exprimer avec eux notre détresse collective».

«C’est une ville qui s’effondre, c’est une ville qui fait fuir les classes moyennes, c’est une ville qui fait fuir les familles. Chaque année 3.500 enfants quittent la capitale. C’est un certain nombre de classes et d’écoles qui ferment et cette détresse-là il faut la stopper, enrayer ce déclin. Paris est une ville qui est un hub européen, qui est au centre de l’Europe et qui aujourd’hui est en train de se déclasser […] On a une ville à l’abandon», a-t-il souligné.

​S’adressant aux manifestants, il a déclaré que les Parisiens voulaient ainsi «se faire entendre dans la rue parce qu’ils ne sont pas écoutés au conseil de Paris»

«Le crack à Stalingrad, le saccage de Paris, le mobilier urbain qui est saccagé, personne ne nous écoute. La seule manière de se faire entendre c’est malheureusement dans la rue. Et ce soir vous êtes là. Ce n’est pas politique, il y a des gens de gauche, des gens de droite. Tout le monde est réuni parce qu’il y a un ras-le-bol face à une mairie qui ne nous écoute pas et Paris est en train de sombrer», a-t-il lancé.

«Absolument insupportable».

Bertrand, habitant du IIe arrondissement, s’est indigné au micro de Sputnik de la présence «des fonctionnaires» à la mairie, laquelle «massacre» la ville et «ruine la vie de ses habitants».

«C’est absolument insupportable […] C'est pas une maire, c'est une activiste politique […] Si elle pouvait faire au moins à peu près correctement son job, peu importe que ça coûte cher, au moins qu'elle le fasse», a-t-il estimé concernant Anne Hidalgo.

​«Un dogme écologiste»

Pour George, sexagénaire du XIXe arrondissement, les personnes à la mairie «sont dans leur dogme écologiste».

D’après lui, élue avec 63% d’abstention, la mairie est «toute puissante» et «n’écoute pas les autres, ce qui est épouvantable».

«Il suffit de regarder dans quel état est la ville. Paris est en train de devenir Calcutta. J’habite le XIXe arrondissement, capitale du crack […] Par ailleurs, il n’y a aucune gestion avec les vélos et les trottinettes».

​Il a attiré l’attention sur le fait que depuis qu’il y vit «jamais il n’y a eu une manifestation contre un maire».

«Si la majorité des Parisiens sont en colère contre cette femme-là, il y a quand même quelque chose de symptomatique. Les gens, ils sont en train de détruire la ville. On ne peut plus travailler. J’ai des amis artisans qui ne veulent plus venir travailler à Paris. Le commerce total est en train de s’effondrer. Les gens fuient Paris. Je rêve de quitter Paris et pourtant c’est ma ville. J’ai le cœur brisé».

Et d’ajouter:

«Je suis d’autant plus en colère qu’elle n’écoute personne. Ce sont des intégristes. On les appelle les Khmers verts. Ce n’est pas pour rien. Quand on connaît le glorieux passé des Khmers rouges ou de toutes les couleurs, on comprend vite leur comportement», a-t-il conclu, faisant allusion au régime cambodgien totalitaire à l’origine de la mort d’environ 1,7 million de personnes dans les années 1970.

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Tags:
Paris, Anne Hidalgo, Mairie de Paris, toxicomanie
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