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    Présidentielle serbe: le Kosovo, facteur décisif (politologue)

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    Un faible écart séparant les candidats, le résultat du second tour de l'élection présidentielle serbe du 3 février dépendra largement de la question du Kosovo, estime un observateur de l'élection présidentielle serbe du 20 janvier, le député de la Douma russe Konstantin Zatouline.

    MOSCOU, 21 janvier - RIA Novosti. Un faible écart séparant les candidats, le résultat du second tour de l'élection présidentielle serbe du 3 février dépendra largement de la question du Kosovo, estime un observateur de l'élection présidentielle serbe du 20 janvier, le député de la Douma russe Konstantin Zatouline.

    "Ce qui semblait une formule acquise des élections serbes, la victoire au premier tour de M. Nikolic (pro-russe et opposé à l'indépendance du Kosovo, ndlr) puis celle de M. Tadic (pro-occidental) au second tour, pourrait ne pas s'appliquer. Le problème du Kosovo pourrait pousser l'électorat serbe dans les bras des radicaux. La question du vainqueur reste ouverte", a déclaré M. Zatouline depuis Belgrade, commentant les résultats des élections serbes.

    Selon la Commission électorale, après le dépouillement de 76% des bulletins le vice-président du Parti radical serbe (SRS), Tomislav Nikolic, arrive en tête de l'élection présidentielle, avec 39,57% des voix. Le président en exercice et leader du Parti démocrate, Boris Tadic, recueille quant à lui 35,45% des suffrages.

    Le groupe d'observateurs dont fait partie M. Zatouline était présent dans toutes les régions serbes.

    "La conclusion est unanime, les élections ont été libres et démocratiques, et le décompte des voix s'est fait de manière juste", a constaté M. Zatouline, en outre directeur de l'Institut des pays de la CEI.

    Selon lui, la Russie jouit d'une grande popularité actuellement en Serbie. "Même la cote de popularité des vainqueurs des élections fait pâle figure par rapport à celle du président russe Vladimir Poutine. Ceci est lié à la position russe sur le Kosovo, et bien sûr à la traditionnelle amitié russo-serbe", a-t-il indiqué.

    Selon le politologue, le deuxième tour dépendra des efforts déployés par les prétendants entre les deux tours, du report des voix des partis perdants, ainsi que de la position adoptée par l'actuel premier ministre Vojislav Kostunica, qui ne participait pas aux élections.

    "Celui-ci se trouve dans une situation complexe: il est lié à M. Tadic par un accord de coalition, et à M. Nikolic par sa position sur le Kosovo. Il devra cependant appeler ses partisans à prendre position pour l'un des candidats", a-t-il déclaré.

    Selon M. Zatouline, M. Tadic devrait se rendre prochainement à Bruxelles afin d'y rechercher un soutien politique.

    "Le 28 janvier, en tant que président, il devrait signer un accord d'allègement du régime des visas ainsi que d'autres protocoles revêtant un caractère alléchant pour les électeurs serbes. Cela devrait servir à le présenter comme un candidat plus désirable pour l'Occident, bien qu'il ne partage pas la position européenne sur le Kosovo", a-t-il poursuivi.

    Pour la majorité des pays européens, les démocrates doivent se maintenir au pouvoir, afin de mettre en place la campagne de reconnaissance de l'indépendance du Kosovo après les élections, a affirmé M. Zatouline.

    "C'est le jeu mené par l'Occident, qui cherche à soutenir les démocrates et qui espère ainsi mieux arracher le Kosovo à la Serbie", a-t-il conclu.

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