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    Les experts de Valdaï scrutent le futur de la Russie

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    Vingt ans après la chute de l'Union soviétique, la Russie se retrouve à la croisée de chemins stratégiques, et le choix que ses dirigeants feront ces prochaines années déterminera ce qu'elle deviendra pour les générations à venir, estiment les analystes politiques qui participent à la 8e réunion du Club Valdaï.

    Vingt ans après la chute de l'Union soviétique, la Russie se retrouve à la croisée de chemins stratégiques, et le choix que ses dirigeants feront ces prochaines années déterminera ce qu'elle deviendra pour les générations à venir, estiment les analystes politiques qui participent à la 8e réunion du Club Valdaï.

    "Un monde réellement multipolaire est en train d'émerger", affirme Andrew Kuchins, directeur des programmes Russie et Eurasie du Center for Strategic and International Studies de Washington. "Le principal enjeu de la Russie est de se rendre un véritable pôle d'attraction", estime-t-il.

    M. Kuchins figure parmi la centaine de spécialistes de la politique russe venus des Etats-Unis, d'Europe, d'Asie et de Russie pour prendre part aux travaux du Club de discussion Valdaï. Ce forum international s'est réuni cette semaine aux environs de Moscou pour examiner des scénarios de développement de la Russie dans les cinq à huit prochaines années.

    Après avoir passé en revue plusieurs scénarios possibles, les experts en sont arrivés à la conclusion que même si la modernisation s'engage vraiment en Russie, elle sera dirigée par le Kremlin. Dans le même temps, ils ont exclu l'hypothèse d'une révolution démocratique.

    Certains analystes pensent que les dirigeants russes n'ont qu'une vague idée de ce qu'ils doivent faire pour accélérer le développement du pays, alors que la bureaucratie russe demeure la partie la plus détestée de la classe dirigeante.

    Selon les experts, le mécontentement public se manifeste essentiellement dans la blogosphère, alors que la majorité de la population, y compris ceux qui critiquent les autorités, continue de soutenir le gouvernement car elle ne veut pas de révolutions.

    Dans le même temps, la Russie ne pourra devenir un acteur attrayant sur la scène internationale que dans la mesure où elle trouvera des solutions adéquates à ses problèmes intérieurs, et qu'elle mènera une politique extérieure qui soit davantage basée sur le consensus que sur l'intimidation et la coercition, estime M. Kuchins.

    Un avis partagé par Thomas Gomart, directeur du développement stratégique de l'Institut français des relations internationales (IFRI).

    Au cours des prochaines années, la plus grande tâche de Vladimir Poutine - actuel premier ministre et véritable leader du pays qui, selon toute vraisemblance, reprendra l'année prochaine la présidence du pays - sera d'établir de la confiance entre les Russes et leur Etat, dans lequel il a joué un rôle clé dans son édification depuis les années 90.

    "Vues de l'extérieur, les élites qui prennent des décisions semblent très sûres d'elles-mêmes, a dit M. Gomart. Le défi consiste donc à conférer cette assurance au peuple russe …et à trouver le bon positionnement dans les rapports avec le reste du monde".

    Le développement de la Russie sera très probablement étroitement lié à Poutine, qui a déclaré récemment qu'il se présenterait à l'élection présidentielle en mars prochain, et dont il ne fait pratiquement aucun doute qu'il la gagnera.

    Poutine a été président à deux reprises, de 2000 à 2008.

    Depuis, la durée du mandat présidentiel en Russie a augmenté à six ans, si bien que théoriquement, M. Poutine pourrait exercer la magistrature suprême jusqu'à 2024.

    Cette semaine, les experts du Club Valdaï rencontreront personnellement Vladimir Poutine pour échanger avec lui sur le développement de la Russie.

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