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    Crash MH17: davantage de questions que de réponses (Lavrov)

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    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine (279)
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    L'enquête sur le crash du Boeing malaisien en Ukraine ne soulève que des questions et des soupçons, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse lundi.

    L'enquête sur le crash du Boeing malaisien en Ukraine ne soulève que des questions et des soupçons, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse lundi.

    On se demande notamment pourquoi les Etats-Unis n'ont toujours pas fourni de preuves pour appuyer leur version de la catastrophe. Moscou espère que personne ne "brouillera les pistes" au cours de l'enquête.

    Le ministre a également déclaré qu'au lieu de proposer des initiatives pour régler la crise politique ukrainienne, l'Occident mettait en œuvre en Ukraine son projet géopolitique. A l'inverse, on exige de la Russie qu'elle change de politique sous la menace de sanctions.

    Des questions et des soupçons

    Pour Sergueï Lavrov, l'enquête sur le crash du Boeing malaisien soulève des questions et des soupçons, notamment car les enregistrements des contrôleurs aériens n'ont pas été rendus publics. "Les enregistrements des conversations entre les services ukrainiens de contrôle aérien avec l'appareil malaisien et d'autres vols qui survolaient la zone à cet instant pourraient être fournis. Selon certaines informations, il est formellement interdit à ces contrôleurs aériens de communiquer avec qui que ce soit. Mais les prépare-t-on à rencontrer les experts internationaux pour présenter une "version officielle" orientée? Tout cela soulève de nombreuses questions", souligne Sergueï Lavrov.

    Le ministre espère que personne ne "brouillera les pistes" dans l'enquête sur le crash du Boeing. "On espère que le bon sens l'emportera et que nous placerons tous comme priorité la découverte de la vérité, le déroulement d'une enquête parfaitement impartiale sans tentatives d'anticiper son résultat. On espère que nos partenaires, qui disent depuis longtemps qu'ils possèdent des preuves irréfutables, les rendront publiques et ne se référeront pas à la confidentialité ou d'autres raisons", a déclaré Lavrov.

    Il estime que cette enquête doit commencer au plus vite sous l'égide de l'Onu, et que le Conseil de sécurité doit prendre une décision supplémentaire à cet effet. "Nous sommes préoccupés de voir que certains de nos partenaires cherchent à faire passer ce travail pratique, visant à organiser une telle enquête, pour des contacts bilatéraux séparés avec les autorités ukrainiennes", a souligné le ministre.

    Sergueï Lavrov espère que l'arrivée d'une mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la frontière ukrainienne dissipera les craintes selon lesquelles le poste-frontière russe est utilisé pour envoyer des armes aux forces d'autodéfense en Ukraine. Le ministre a rappelé qu'il y a deux semaines, le président russe Vladimir Poutine avait invité les observateurs sur deux postes frontières entre la Russie et l'Ukraine.

    "Pendant ce temps ont eu lieu des discussions inutiles à l'OSCE où les diplomates britanniques, américains et ukrainiens ont cherché à empêcher l'acceptation de l'invitation russe", a-t-il déclaré.

    Le projet géopolitique et les sanctions

    D'après Lavrov, l'Occident met en œuvre en Ukraine son projet géopolitique au détriment des intérêts de la Russie, et les sanctions antirusses créent des conditions favorables pour sa réalisation: "Il faudrait peut-être regarder le problème des sanctions d'un autre côté: un certain projet géopolitique s'est formé, qui a commencé à se développer sur le Maïdan fin 2013 sous un prétexte complètement inventé, quand le président au pouvoir s'est vu refuser le droit de prendre du temps supplémentaire pour étudier les conséquences d'une association avec l'UE".

    Pour le ministre, il s'agit effectivement d'un projet visant à maîtriser l'espace géopolitique ukrainien au détriment des intérêts de la Russie, des Russes et de la population russophone de l'Ukraine.

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    © RIA Novosti.
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    Par ailleurs, Sergueï Lavrov remarque que l'Occident ne propose aucune initiative pour régler la crise ukrainienne - seulement des exigences de changer sa politique et des menaces d'adopter des sanctions contre la Russie dans le cas contraire. "Tant que la Russie ne changera pas sa politique, il y aura des sanctions. J'ignore ce qu'on sous-entend par ce changement de politique", a-t-il déclaré.

     

    Le ministre des Affaires étrangères a annoncé que Moscou avait l'intention de réagir aux sanctions de l'Occident selon la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent. "Nous voulons avoir un regard lucide sur la situation actuelle. Et le président a déjà déclaré qu'on ne pouvait pas ne pas en tenir compte, mais céder à l'hystérie et répondre à un coup par un coup – c'est indigne d'un grand pays. Nous avons une dignité. Ce sera notre référence", a déclaré Lavrov.

    Le ministre a souligné que les sanctions occidentales contre la Russie ne pourraient pas, par définition, atteindre leur objectif: le pays n'en sera seulement que plus indépendant.

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