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    La Russie pourrait construire son propre Mistral mais n'en a pas besoin (expert)

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    La Russie achète un BPC Mistral (316)
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    La marine russe n'a absolument pas besoin des navires Mistral – nous n'avons l'intention de mener ce type de débarquements nulle part, a déclaré lundi à RIA Novosti le capitaine de vaisseau Mikhaïl Nenachev, président du Mouvement russe de soutien à la flotte.

    La marine russe n'a absolument pas besoin des navires Mistral – nous n'avons l'intention de mener ce type de débarquements nulle part, a déclaré lundi à RIA Novosti le capitaine de vaisseau Mikhaïl Nenachev, président du Mouvement russe de soutien à la flotte.

    "Autant que je me souvienne, depuis des décennies de missions de la marine française, ces Mistrals ont été très peu sollicités en réalité. L'importance des porte-hélicoptères comme le Mistral pour la marine russe suscite de sérieux doutes. Il ne s'agit que d'un geste politique", a précisé M.Nenachev.

    "Le sujet en soi mérite d'être clos, car il n'y a plus rien à discuter", a-t-il conclu.

    La Russie pourrait construire un porte-hélicoptères équivalent au Mistral français en 3 ou 4 ans, pour un coût compris entre 150 et 200 millions d'euros, selon l'expert.

    Ce contrat, le plus important de l'histoire de la coopération militaro-technique entre la France et la Russie, s'élève à 1,2 milliard d'euros. Les Etats-Unis s'opposent à la livraison des navires, et les autorités françaises ont annoncé à plusieurs reprises (sous la pression de Washington, estiment les experts) une éventuelle rupture du contrat.

    De son côté, la compagnie française DCNS a affirmé que les sanctions américaines ne pourraient pas empêcher la construction et le transfert des Mistrals. Les syndicats du pays s'opposent également à l'annulation de la livraison, qui entraînerait une forte pénalité financière pour la France et d'éventuels licenciements.

    Le ministre russe de l'Industrie et du Commerce Denis Mantourov a déclaré que la Russie pourrait, si nécessaire, construire des navires de classe équivalente aux Mistrals, étant donné qu'il s'agissait d'une coopération internationale et que les équipements internes comme le système de contrôle étaient fabriqués en Russie.

    La construction d'un navire équivalent prendrait 3 ou 4 ans

    "Les chantiers navals russes sont parfaitement capables de construire un porte-hélicoptères équivalent au Mistral", affirme Mikhaïl Nenachev. Cette tâche serait à la portée du chantier Baltique de Saint-Pétersbourg ainsi que du groupe Sevmach de Severodvinsk.

    "Hypothétiquement, nous pouvons aujourd'hui construire un navire de même taille avec des équipements similaires par nos propres moyens en 3-4 ans, en mobilisant nos potentiels en matière de personnel, du savoir-faire, de recherches et de technologies. Les Français peuvent les construire en un an car la production est bien rodée", a dit l'expert.

    Conformément au contrat avec les Français le premier navire, "Vladivostok", doit être livré à la marine russe en 2014. Le second, "Sébastopol", en 2015.

    La question des composants et de la "chaîne technologique" reste d'actualité – ces aspects sont encore négligés dans l'industrie russe et demandent encore des efforts pour mettre au point une coopération, la formation du personnel et la disponibilité de composants électroniques modulaires.

    "Le coût estimé de cette construction serait largement inférieur – entre 150 et 200 millions d'euros – d'après une estimation faite au printemps pour connaître le prix de la construction par nos propres moyens", selon l'expert.

    Aucune perte

    La semaine dernière, le président de la Compagnie unifiée de construction navale (OSK) Alexeï Rakhmanov a déclaré que l'OSK ne subirait pas de pertes significatives en cas de rupture éventuelle du contrat sur les Mistrals.

    Pendant ce temps, la France a une nouvelle fois menacé la Russie de suspendre la livraison des porte-hélicoptères, associant sa décision à la crise ukrainienne à laquelle, selon les autorités françaises, Moscou participe directement.

    Par la suite un porte-parole de l'Elysée a expliqué à RIA Novosti que la livraison des navires n'était pas suspendue juridiquement: le président François Hollande a simplement identifié sa position politique, selon laquelle il n'approuverait pas le transfert du navire en novembre si la situation en Ukraine ne s'améliorait pas.

    Plus tard, François Hollande a déclaré qu'il rendra publique sa décision fin octobre. Pour lui, les conditions de fourniture sont un véritable cessez-le-feu en Ukraine et un accord sur le règlement politique de la crise.

    Le président français a toutefois affirmé que les sanctions adoptées par l'UE n'avaient jamais fait obstacle à la livraison du Mistral.

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