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La Belgique menace d'arrêter son aide financière directe au Burundi en cas de troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, en le qualifiant de violation des accords de paix d'Arusha.

En tant que premier bailleur bilatéral du Burundi, la Belgique arrêtera son aide financière directe aux autorités burundaises en cas de troisième mandat du président sortant Pierre Nkurunziza, annonce jeudi, dans un communiqué, le ministère belge des Affaires étrangères.

"La Belgique est préoccupée par la situation au Burundi après l'annonce par (Pierre) Nkurunziza de sa candidature pour un troisième mandat présidentiel (…). Un troisième mandat du président sortant serait contraire aux accords de paix d'Arusha, signés en 2000, qui constituent la base pour la stabilité et le développement du Burundi", lit-on dans le document. 

La diplomatie belge exprime l'espoir que le président Nkurunziza renoncera finalement à briguer un troisième mandat.

Et de prévenir que dans le cas contraire, le gouvernement belge serait dans l'impossibilité de conclure, comme prévu, un programme de coopération bilatérale et "serait amenée à chercher d'autres formes de coopération, dans le double objectif d'améliorer le sort de la population et de renforcer les forces démocratiques au Burundi".

La Belgique est le premier bailleur bilatéral du Burundi et le troisième au total, après la Banque mondiale et l'Union européenne. En 2013, les dépenses belges totales d'APD (aide publique au développement) à son ancienne colonie se sont élevées à 47,4 millions d'euros, dont 34,4 millions affectés à la coopération gouvernementale. 

L'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a déclenché une vague de manifestations à l'appel de l'opposition, réprimées par le pouvoir et suivies d'une tentative de coup d'Etat le 13 mai. Plus de 100.000 personnes ont fui dans les pays voisins. Les troubles ont fait au moins 20 victimes.

La Constitution burundaise limite à deux le nombre de mandats que peut accomplir un chef de l'Etat. Quoi qu'il en soit, Pierre Nkurunziza justifie sa décision par un jugement qui estime que son premier mandat ne peut entrer dans le décompte prévu par la Loi fondamentale, car il avait alors été élu par le corps législatif et non par le suffrage populaire.

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Tags:
Union européenne (UE), Banque mondiale (BM), Pierre Nkurunziza, Belgique, Burundi
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