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Kiev, qui avait lancé le projet ambitieux de construction d'un mur à la frontière russo-ukrainienne, semble avoir perdu son enthousiasme, rapporte l'hebdomadaire Spiegel.

Lors de sa campagne électorale, Piotr Porochenko a promis de fortifier l'Ukraine en édifiant un vrai mur tout le long de sa frontière russo-ukrainienne.

Ce projet ambitieux a provoqué de la stupeur non seulement en Occident, mais aussi au sein du gouvernement ukrainien. L'Ukraine, qui partage près de 2.000 km de frontière terrestre avec la Russie, est au bord de la faillite, et la construction d'un tel mur aurait donc constitué une charge insupportable pour le pays.

Ainsi, Ioulia Timochenko, femme politique ukrainienne, a fait remarquer que du point de vue militaire, le projet n'avait aucun sens.

Néanmoins, M. Porochenko tenait à dresser un mur, en utilisant par ailleurs les technologies militaires les plus récentes. L'idée a été entreprise par des utilisateurs de Facebook qui ont créé un groupe de soutien du projet en exigeant de construire un mur de dix mètres de hauteur. Arseni Iatseniouk a pour sa part essayé d'étouffer toute critique du projet en déclarant que les mécontents auraient "un billet simple pour aller de l'autre côté de la frontière".

Pourtant, selon une enquête menée par Spiegel, la réalisation du projet se déroule pas aussi bien que prévu initialement. Au final, à la place d'un bastion, les autorités de Kiev ont érigé une barrière de fer équipée de postes de vigie. En outre, des fossés de 150 km et des tranchées obstacle ont été creusés sur certains points de la frontière russo-ukrainienne.

L'enthousiasme des utilisateurs Facebook semble avoir également disparu — la dernière publication sur le mur du groupe date de janvier 2015, fait remarquer l'hebdomadaire allemand.

Même le premier ministre ukrainien a fait machine arrière, en proposant d'installer des caméras équipées de détecteurs de mouvement au lieu de construire un mur de béton.

Officiellement, le projet de construction du mur continue son chemin. Sa réalisation commence à poser des problèmes, mais Kiev refuse de capituler définitivement.
Les évolutions se font toujours — ainsi, les autorités ont remplacé le mot "mur", qui semble évoquer de mauvais souvenirs au public occidental, par des expressions plus appropriées telles que " barrière européenne" ou encore "ligne de dignité".

 

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Tags:
Russie, Ukraine, Europe, Kiev, Moscou, Occident, Petro Porochenko, Arseni Iatseniouk, Ioulia Tymochenko, guerre, sécurité, frontière, mur, russophobie, crise en Ukraine
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