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    NSA former intelligence contractor Edward Snowden is seen via live video link from Russia on a computer screen during a parliamentary hearing on the subject of Improving the protection of whistleblowers, on June 23, 2015, at the Council of Europe in Strasbourg

    Les USA espionnent, la Maison Blanche accuse Snowden

    © AFP 2019 FREDERICK FLORIN
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    Edward Snowden ne doit s'attendre à aucune indulgence de la part de Barack Obama, telle est la réponse de la Maison Blanche, plus de deux ans après le lancement d'une pétition ayant dépassé les 167 000 signatures et réclamant la grâce présidentielle sans condition pour Edward Snowden.

    A l’origine des fuites des documents révélateurs des écoutes de la NSA (National Security Agency), Edward Snowden est vite devenu un héros national.

    "Edward Snowden est un héros national et il doit immédiatement bénéficier d’une grâce pleine et absolue pour tous les crimes qu’il a commis ou pu commettre en lien avec les fuites sur les programmes de surveillance secrets de la NSA", lit-on dans la pétition.

    Récemment, Eric Holder, l'ancien ministre de la Justice américain, a offert un espoir à M. Snowden ainsi qu'à des milliers de ses partisans, en annonçant l'éventualité de la conclusion d'une entente entre le ministère de la Justice et M. Snowden, qui laisserait à ce dernier la possibilité de revenir dans sa Patrie avec une réduction de sa peine. "Je suis vraiment persuadé qu'il existe des fondements à cette décision qui pourrait satisfaire tout le monde" a-t-il fait remarquer. 

    Même l'ancien ministre a essayé de justifier les efforts de M. Snowden pour le bien de ses compatriotes: "Grâce aux révélations de Snowden, nous nous trouvons actuellement dans une autre situation", a déclaré M. Holder. Le lanceur d'alerte a "déclenché des débats nécessaires dans la société", a-t-il ajouté.

    Pourtant, Lisa Monaco, la conseillère à la sécurité intérieure et au contre-terrorisme auprès de la présidence des États-Unis, a vite refroidit l'ardeur né de ces récentes promesses.

    Dans sa réponse, Lisa Monaco souligne qu'Edward Snowden, réfugié à Moscou depuis le 31 juillet 2013 et bénéficiant d'un permis de séjour jusqu'en 2017, doit impérativement revenir aux Etats-Unis pour être puni dûment. "Il devrait rentrer aux États-Unis, pour y être jugé par ses pairs et non pas se cacher derrière un régime autoritaire. Pour l’heure, il fuit les conséquences de ses actes." 

    Lisa Monaco explique clairement que M. Snowden n'est pas un héros national mais un traitre qui entrave le travail de la NSA et met en danger ses compatriotes: "au lieu d’aborder ces questions de manière constructive, la décision dangereuse de Monsieur Snowden de voler et de divulguer des informations classifiées a eu de graves conséquences pour la sécurité des États-Unis et des gens qui travaillent jour après jour pour le protéger."

    Une accusation formulée à plusieurs reprises par les autorités américaines qui n'ont pourtant jamais apporté de preuves concrètes.

    De manière ironique, Lisa Monaco a applaudit les démarches de l'administration d'Obama pour protéger la population américaine, en prenant en considération le respect des libertés civiles. Mais elle semble oublier que c'est bien "le traitre" qui a fait naître l'envie, nouvelle pour les Etats-Unis, de trouver le juste milieu entre la sécurité nationale et la vie privée, la réforme de la NSA ainsi que de nombreuses autres mesures prises par les autorités américaines.

    En 2014, le Congrès des Etats-Unis a adopté une loi interdisant les représailles contre les fonctionnaires des agences de renseignement qui dénonceraient en interne ou auprès du Congrès des abus ou activités illégales. Le gouvernement étant bien avisé, a pris soin d'en exclure M. Snowden: les prestataires non fonctionnaires, comme l'était Edward Snowden à la NSA, ne sont pas couverts par ces nouvelles protections, alors qu'ils l'étaient de 2007 à 2012.

    Inculpé pour espionnage aux États-Unis, l'informaticien, qui a trouvé un refuge temporaire en Russie, risque jusqu'à 30 ans de prison dans son pays.

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    Tags:
    Espionage Act, asile politique, espionnage, Agence nationale de sécurité américaine (NSA), Lisa Monaco, Edward Snowden, Barack Obama, États-Unis, Russie, écoutes téléphoniques
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