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Les photos d'un tout petit enfant noyé étendu sur une plage de Turquie ont provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux, mettant en évidence la réalité atroce de la crise migratoire en Europe.

Le tout petit gamin allongé sur le sable, avec ses chaussures encore aux pieds, son short et son T-shirt minuscules, a été repéré par les garde-côtes turcs.

L'enfant noyé, Aylan Kurdi, est un Syrien de trois ans dont le frère aîné a également trouvé la mort dans le naufrage de deux embarcations. Ils venaient vraisemblablement de Kobani, ville de Syrie proche de la frontière turque, théâtre de très violents combats entre djihadistes de l'État islamique et miliciens kurdes il y a quelques mois.

La décision du journal britannique Independent de publier les images du garçon mort noyé sur sa Une n'a toutefois pas fait l'unanimité. Certains médias occidentaux n'ont pas tardé à la critiquer en affirmant que les clichés "étaient trop choquants". Cependant, Peter Bouckaert, le directeur des urgences de Human Rights Watch, qui avait partagé sur twitter la photo du petit refugié, — lui et 12 autres Syriens ont trouvé leur mort dans le naufrage d'une embarcation de migrants qui tentait de rejoindre la Grèce depuis la ville côtière turque de Bodrum, — a entièrement soutenu la démarche du journal.

"Un véritable choc, ce sont des enfants échoués sur nos plages, dont la mort aurait pu être prévenue par les actions coordonnées de l'UE, pas les clichés eux-mêmes", a-t-il publié sur twitter.

"Derrière les déclarations retentissantes sur l'envergure de la crise migratoire en Europe, il est trop facile d'oublier la situation désespérée à laquelle des milliers de réfugiés doivent faire face", relève l'éditeur de l'Independent.

Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a reconnu qu'il s'agissait d'"une crise humanitaire et politique sans précédent" en Europe, et a appelé à "trouver des réponses européennes à un problème qui ne peut pas être résolu par les Etats individuellement".

Critiqué pour son manque d'implication dans la crise, le premier ministre britannique David Cameron s'est lui aussi dit "profondément ému" et s'est engagé à prendre "ses responsabilités morales".

Cependant, la crise migratoire en Syrie reste une pierre d'achoppement au sein de l'UE. Il y a de fortes chances pour qu'elle sape les efforts de la Grande-Bretagne visant à réviser ses relations avec Bruxelles si le Royaume-Uni refuse d'accueillir plus de migrants.
Donald Tusk, le président du Conseil européen, n'a pas non plus caché son inquiétude face à une "division entre l'Est et l'Ouest de l'Union européenne". "Certains Etats membres ne pensent qu'à endiguer la vague de migrants, ce qui est symbolisé par la clôture controversée en Hongrie, tandis que d'autres veulent plus de solidarité", a-t-il regretté.

"Personne ne veut rester en Hongrie, en Slovaquie, en Estonie, en Pologne. Tous veulent aller en Allemagne", a objecté le Hongrois Viktor Orban, alors que le président du Parlement Martin Schulz venait d'appeler à une réponse européenne.

Dans les deux semaines qui viennent, les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne doivent se réunir spécialement pour discuter des mesures concrètes à adopter face à la crise des migrants.

Les dirigeants européens ont reconnu cette semaine que l'UE avait échoué face à la tragédie humaine qui se déroule à ses frontières. Les quotas de réfugiés par pays figurent parmi les principaux points d'achoppement entre les pays membres.

 

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Tags:
crise humanitaire, migrants, Europe, Syrie
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