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Le président américain Barack Obama a appelé mardi depuis l'Alaska à agir "rapidement" pour lutter contre le réchauffement climatique. Pourtant, ses discours comportent des contradictions inhérentes, souligne BuzzFeed News.

Lorsqu'il évoque les changements climatiques, M. Obama pense surtout au contrôle en Arctique

A l'occasion de son premier voyage en Alaska, tout en se baladant sur des sentiers aux environs du glacier Exit, en explorant Kenai Fjords en hélicoptère et en goûtant aux restes du repas d'un ours, Barack Obama appelle également à agir sur le climat par le biais de discours, de commentaires publics et de selfies sur Instagram.

L'Alaska est l'un des meilleurs endroits pour voir concrètement les conséquences du réchauffement climatique. La température a presque doublé alors que le pays ne fait qu'allonger la saison des feux depuis ces 60 dernières années, et fait donc fondre 75 milliards de tonnes de glaces chaque année, remarque BuzzFeed News. La semaine dernière, non loin des lieux que M. Obama a visité, des milliers de morses se sont échoués sur une plage, un phénomène inquiétant prouvant combien la banquise manque dans l’Arctique alaskien. 

"Nous sommes là aujourd'hui pour discuter du défi  qui va définir  les contours du siècle plus dramatiquement que tout autre, et c'est une menace urgente et croissante du climat changeant", a déclaré le président américain durant la conférence internationale "Glacier" (Global Leadership in the Arctic). 

Malgré la situation actuelle, le président américain reste optimiste: "Il y a une chose qu'aucun président américain n'avait jamais faite jusqu'à ce jour: voyager au-delà du cercle arctique!", a-t-il lancé lors d'un discours prononcé dans la salle de sports de l'école de la petite ville de Kotzebue (Alaska): "J'en suis extrêmement fier", a-t-il ajouté.

Depuis le début de sa visite en Alaska lundi, le président souligne dans tous ses discours à quel point l'Etat en question devrait aider les Américains à prendre conscience du besoin d'agir. "Au cours des années écoulées, j'ai essayé de contribuer à ce que le reste du pays soit plus conscient du changement climatique", a-t-il expliqué. "Mais vous le vivez déjà", a-t-il ajouté. 

Pourtant, tous ses discours écologistes comportent des contradictions inhérentes, souligne BuzzFeed News.

Pour baisser la température planétaire, il est nécessaire d'arrêter de brûler des combustibles fossiles. Cependant, les États-Unis rivalisent actuellement avec la Russie, la Norvège et d'autres pays pour de riches ressources arctiques, surtout pour le pétrole et le gaz naturel.

Ce voyage très médiatisé intervient à un moment délicat pour le président. Deux semaines avant, son administration a autorisé la compagnie pétrolière Shell à forer au large de l'Alaska, sur la côte arctique nord-ouest, ce qui ne semble pas une mesure idéale pour celui qui se bat pour l'écologie.

Des écologistes se sont bruyamment opposés à cette autorisation: le mois dernier, des militants en kayak avaient brièvement bloqué un brise-glace de Shell dans le port de Portland, en Oregon. Récemment, Hillary Clinton, favorite dans la course démocrate à la Maison Blanche, a exprimé elle aussi sa réprobation.

Mais malgré la compétition politique, l'Arctique est un endroit où il est dur de rivaliser: la vie y est difficile, et le prix du pétrole est au plus bas aujourd'hui, a rappelé le premier ministre russe, Dmitri Medvedev. Le risque élevé des accidents et des désastres fait que les adversaires vont finir par s'entraider. L'Arctique est victime de délires politique et "la ruée vers l'or" semble peu rentable à une période où les prix chutent, a ajouté le premier ministre.

Quoi qu'il en soit, les Etats-Unis restent le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine.


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Tags:
réchauffement climatique, climat, visite officielle, Dmitri Medvedev, Barack Obama, Alaska, Arctique, États-Unis
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