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    La crise migratoire provoque une guerre frontalière serbo-croate

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    Depuis mercredi soir, la Serbie a interdit l’importation de toute marchandise croate. En retour, Zagreb interdit l’entrée sur son territoire, au poste de frontière de Bajakovo, à tout ressortissant serbe et à tout véhicule immatriculé en Serbie.

    "A partir de maintenant (mercredi soir à 22 h 00 GMT, ndlr), la police serbe interdira l'entrée à tout véhicule de transport enregistré en Croatie de même qu'à tout camion transportant des marchandises produites en Croatie, et ce, quel que soit le passage frontalier", a déclaré le ministre serbe de l’Intérieur, Nebojša Stefanović, aux journalistes. "Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous prenons ces mesures, mais elles sont nécessaires pour défendre les intérêts du pays", a-t-il ajouté.

    Dans la journée du 23 septembre, des chauffeurs routiers en colère avaient bloqué à toute circulation le seul passage frontalier encore ouvert entre la Serbie et la Croatie, afin de protester contre la décision de Zagreb, prise lundi, de ne plus laisser passer que des camions transportant des marchandises périssables.

    Zagreb avait pris cette décision pour tenter de faire pression sur Belgrade pour que la Serbie dirige le flot de migrants vers la Hongrie et la Roumanie plutôt que vers son territoire.

    Le 22 septembre, le premier ministre croate, Zoran Milanovic s'est adressé à la presse en ces termes: "Je n'accuse pas la Serbie mais je leur dis: Envoyez (des migrants, ndlr) vers la Hongrie et la Roumanie, vers la Croatie aussi, et puis nous les acheminerons à notre tour dans toutes les directions".

    Les conducteurs des camions qui n’ont aucun lien avec les migrants du Moyen Orient sont devenus les premières victimes de la guerre frontalière entre la Serbie et la Croatie. Certains d’entre eux restent bloqués dans une queue immense près des frontières depuis quatre jours.

    Cependant, les embouteillages aux frontières n’empêchent pas des migrants de s’arrêter en taxi ou en bus quelques cents mètres avant les passages frontaliers et de continuer leur trajet à pied en passant par les champs.

    Le 15 septembre, de nouvelles lois hongroises relatives à la migration sont entrées en vigueur. Suite aux restrictions de la législation migratoire en Hongrie et à la fermeture de la frontière serbo-hongroise, les migrants ont essayé de pénétrer sur le territoire croate et d'en faire ainsi un nouveau point de transit dans leur périple vers les pays d’Europe occidentale.

    Une semaine avant la décision hongroise, les autorités croates avaient annoncé avec conviction qu'elles accueilleraient tous les réfugiés se dirigeant vers l'Europe par le "corridor des Balkans", avant de les laisser se rendre librement en Autriche et en Allemagne. Mais dès le lendemain de leur arrivée dans le pays, la situation a changé du tout au tout.

    Près de 15.000 migrants sont entrés en Croatie en provenance de la Serbie, quelques jours après la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec ce dernier pays. La présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic a demandé à l'armée de se tenir prête, si nécessaire, à protéger les frontières nationales contre l'afflux de migrants illégaux.

    La Croatie a fermé sept de ses huit passages à la frontière serbe dans la nuit du 17 au 18 septembre. Le ministre croate de l'Intérieur, Ranko Ostojić, a indiqué que son pays ne pouvait plus accueillir de migrants pour l'instant, ses capacités d'accueil étant saturées.

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    Tags:
    crise migratoire, Zoran Milanovic, Nebojša Stefanović, Hongrie, Serbie, Croatie
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