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    Rebelles syriens

    Syrie: le Pentagone dément avoir livré des armes aux Kurdes

    © AFP 2019 Fadi al-Halabi
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    Les forces de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis ont largué dimanche dernier 50 tonnes de munitions à des rebelles anti-EI dans le nord de la Syrie, la Turquie craint que ces armes ne tombent entre les mains des Kurdes.

    Les munitions parachutées dimanche étaient destinées uniquement aux "groupes arabes" soigneusement sélectionnés de l'opposition syrienne modérée combattant les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et non aux Kurdes, a précisé le Pentagone, soucieux d'éviter les frictions avec son allié turc. 

    "Les munitions larguées depuis des avions cargo C-17 ont été reçues par des groupes arabes, dont les chefs ont été soigneusement vérifiés. Ces groupes font partie de la +Coalition arabe syrienne+ qui mène des combats dans le nord-est de la Syrie où se trouve le bastion de l'EI", a annoncé à RIA Novosti un représentant du service de presse du Pentagone sans mentionner les peshmergas (combattants kurdes). 

    Pourtant, le porte-parole du Pentagone Peter Cook avait auparavant supposé qu'une partie des munitions larguées dans la province syrienne d'Hassaké aurait pu tomber entre les mains des Kurdes combattant l'EI, ce qui a provoqué un tollé à Ankara. 

    A l'heure actuelle, les Kurdes en Irak et en Syrie mènent une lutte armée contre l'EI. En Irak, ils bénéficient régulièrement d'une assistance militaire des Etats-Unis et de leurs alliés, ainsi que de la Russie qui le fait à la demande officielle de Bagdad. 

    Bien que la Turquie où vivent plusieurs millions de Kurdes soit un allié des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI dans la région, elle craint que les armes ne tombent entre les mains des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu'Ankara qualifie d'organisation terroriste.  

    Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu Washington et Moscou de l'inadmissibilité d'une assistance militaire aux Kurdes syriens. La Russie a répondu ne pas accorder de telle assistance.

    Le programme de formation et d'équipement, lancé début 2015 et doté de 500 millions de dollars, devait concerner environ 5.000 rebelles syriens. Au final, il n'a permis de former que quelques dizaines de combattants. Les militaires américains ont notamment été forcés de reconnaître que certains de ces combattants avaient remis une partie de leur équipement au Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

    Le président russe Vladimir Poutine avait auparavant prévenu que les armes livrées par les Etats-Unis à l'Armée syrienne libre (ASL) risquaient de tomber encore entre les mains des djihadistes de l'EI.

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    Tags:
    armements, rebelles, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Ahmet Davutoglu, Vladimir Poutine, Peter Cook, Bagdad, Irak, États-Unis, Syrie
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