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Attentats à Paris (novembre 2015) (228)
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Ayant subi une série d'attentats, la France aurait pu recourir au soutien militaire de l'Otan, mais le président Hollande a préféré faire appel à l'UE, organisation qui ne possède même pas d'armée. Selon Cyrille Bret, enseignant à Sciences-Po Paris, la France souhaite conserver ainsi sa souveraineté stratégique.

Le président français François Hollande n'a pas demandé l'aide militaire de l'Otan suite aux attaques du 13 novembre dernier à Paris pour pouvoir notamment coopérer avec la Russie dans la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak, a déclaré lundi à Sputnik Cyrille Bret, haut fonctionnaire, enseignant à Sciences-Po Paris et créateur du blog Eurasia Prospective.

"Comment aurait-il été possible de se rapprocher des autorités russes, du haut commandement russe, en invoquant l'Otan qui a envers la Russie une attitude plutôt agressive et que la Russie considère elle-même un rival à l'échelon européen? (…) Là, en s'inscrivant dans un cadre multilatéral il s'agit bien de donner toutes ses chances à une coalition la plus large possible, à une coalition unique", a indiqué M.Bret.

Selon lui, c'était aussi une décision réaliste.

"L'Otan n'aurait pas été d'une grande aide. A la différence de la Russie, l'Otan n'a pas d'implantation permanente dans la région. Et les différents pays membres de l'Otan, à part les Etats-Unis, n'ont pas de capacité de projection, de capacité de mener d'opérations militaires dans les trois dimensions (air, terre, mer), comme la Russie", a-t-il ajouté.

En plus, "à quoi cela aurait été conduit d'invoquer l'Otan? Cela aurait conduit à se rapprocher des Etats-Unis, et uniquement des Etats-Unis (…). La longue tradition de l'action extérieure française diplomatique et militaire est assez proche de celle de la Russie finalement. C'est-à-dire, de conserver une souveraineté stratégique. Et il est vrai qu'une structure intégrée de l'Otan ne garantit pas l'autonomie stratégique de la France dans une perspective gaullienne. C'est d'ailleurs pour cela que le général de Gaulle avait décidé le retrait de la France des structures de commandement" de l'Alliance, a conclu M.Bret.

Dossier:
Attentats à Paris (novembre 2015) (228)

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Tags:
lutte antiterroriste, OTAN, Union européenne (UE), Cyrille Bret, France, États-Unis, Russie
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