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    Marchze des communistes à Kiev

    Kiev en proie à une "hystérie anticommuniste"

    © Sputnik. Alexei Furman
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    L'interdiction du parti communiste attise l'hystérie politique et détourne l'attention des problèmes réels de l'économie ukrainienne, lit-on dans le quotidien Guardian.

    Une hystérie anticommuniste fleurit à Kiev, souligne Vladimir Ichtchenko dans son article pour le Guardian. Ayant prohibé les symboles soviétiques, le tribunal ukrainien a déclaré hors la loi le parti communiste du pays. Cette mesure a été critiquée par les défenseurs des droits de l'homme, selon lesquels il s'agit d'une violation manifeste de la Convention européenne des droits de l'homme. En effet, la Convention stipule qu'un parti politique ne peut pas être interdit pour sa symbolique: c'est son activité qui doit être reconnue comme menaçante pour la sécurité nationale.

    Détail ironique: d'après le journaliste du Guardian, le parti communiste d'Ukraine (PCU) n'est pas dangereux, et il n'a rien de communiste. La seule chose qui l'apparente au PCUS (Parti communiste de l'Union soviétique; ndlr) est son attachement aux symboles soviétiques et aux citations vides de Marx et Lénine. Les leaders du PCU font désormais partie de l'élite bourgeoise et défendent plutôt les intérêts de la Russie et non de la classe ouvrière.

    Après les protestations de l'Euromaïdan et le renversement du régime de Viktor Ianoukovitch, certains militants du parti ont soutenu les insurgés dans le sud-est de l'Ukraine, bien que les dirigeants du PCU se soient à plusieurs reprises déclarés en faveur de l'intégrité territoriale du pays. Pour le journaliste, cette position incohérente du parti à l'égard du conflit en cours dans l'est du pays est l'une des raisons de la crise du PCU.

    Ayant échoué pour la première fois de son histoire aux dernières élections (octobre 2014) et après avoir perdu les élections locales de 2015, le PCU est devenu un bouc émissaire. Pour détourner l'attention de la population de la hausse des prix, les autorités ukrainiennes ont besoin de continuer leur lutte idéologique. Kiev cultive l'intolérance politique dans le pays, déjà déchiré par la guerre. Le PCU envisage de faire appel devant la Cour européenne des droits de l'homme et a de bonnes chances de réussir, étant données les précédents en Europe de l'est.

    L'aile gauche ukrainienne est désormais vacante, mais ça ne devrait pas durer, estime M. Ichtchenko. De nouveaux projets "de gauche" ne tarderont pas à apparaître, soutenus par des oligarques. Il est également possible qu'un parti "ukrainien de gauche" voie le jour afin de légitimer Kiev aux yeux de l'Occident. Il soutiendrait alors sa politique vis-à-vis du Donbass et de la Russie tout en la critiquant en s'appuyant sur une pensée social-démocrate ou de gauche libérale.

    Le nouveau parti de gauche devra alors, selon l'auteur, être lié aux mouvements sociaux et aux syndicats. Il ne devra pas occuper une position pro-Kiev ni pro-Moscou, mais plutôt s'attaquer à leurs ennemis communs à Kiev, à Donetsk, à Moscou, à Bruxelles et à Washington.

    Vladimir Ichtchenko de conclure que toute personne qui entend défendre la démocratie se doit de protester contre l'interdiction du PCU, qui viole ostensiblement les droits de l'homme, contribue à l'hystérie politique et détourne l'attention des graves problèmes dans lesquels l'économie ukrainienne est actuellement embourbée.

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    Tags:
    décommunisation, communisme, Ukraine
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