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Des pays de plus en plus nombreux s'engagent dans le conflit syrien. Or, ils poursuivent tous des objectifs différents, ce qui les empêche de faire front contre l'Etat islamique (Daech).

Le centre de renseignement américain Stratfor a étudié les conséquences éventuelles de la participation de nouveaux acteurs au conflit syrien. Il s'agit notamment des membres de "l'alliance militaire islamique" dont la mise en place a récemment été annoncée par l'Arabie saoudite.

"La fin de la guerre en Syrie n'étant pas pour demain, des pays de plus en plus nombreux s'engagent dans ce conflit. Réagissant aux pressions américaines et désireux d'exercer une plus grande influence sur le déroulement de la guerre civile en Syrie, les Saoudiens cherchent à déployer leurs troupes dans ce pays en coordination avec leurs alliés", lit-on dans un article mis en ligne sur le site de Stratfor.

Certains pays, en premier lieu les Etats-Unis et la Turquie, saluent la présence de troupes arabes en Syrie. Washington a intérêt à ce que des forces supplémentaires soient engagées dans la région. Ankara estime, pour sa part, que la présence de l'alliance islamique menée par Riyad pourrait légitimer la participation de la Turquie au conflit syrien. Il convient également de noter que les Turcs sont préoccupés par le renforcement de la présence russe et iranienne dans la région et qu'ils cherchent dans les opérations de l'alliance un soutien supplémentaire à leur politique.

"Cependant, une participation plus active des pays arabes à la guerre civile syrienne risque de saper toute tentative de former un front commun dans la lutte contre Daech en Syrie", constatent les analystes de Stratfor. Et ce, parce que l'alliance mise en place par Riyad manque de cohésion. Le Pakistan, la Malaisie et l'Indonésie ont refusé d'y adhérer. L'Iran et la Syrie n'ont même pas été invités.

La lutte commune contre Daech se trouve également entravée par les affrontements entre les Turcs et les Kurdes. Il est en outre peu probable que les pays du Golfe soient en mesure de déployer suffisamment de forces en Syrie. Le fait est que les Saoudiens et leurs partenaires régionaux sont impliqués dans le conflit au Yémen. Normalement, ils auraient demandé dans une situation pareille le concours de leurs partenaires arabes: l'Egypte et la Jordanie. Or, maintenant, cela s'avère impossible: Le Caire, ébranlé par des révoltes intestines, soutient le gouvernement de Damas et cherche à renforcer ses relations avec Moscou. Quant à Amman, bien qu'il se range du côté de Riyad, de Doha et de Washington dans leur lutte pour renverser le président Bachar el-Assad, il se comporte "avec prudence et réserve", soulignent les analystes. Selon eux, " Amman craint une chute subite et déstabilisante du gouvernement syrien, chute qui donnerait aux extrémistes la possibilité de mettre leurs projets en œuvre sur fond de chaos".

Il apparaît donc que les acteurs du conflit syrien poursuivent des objectifs tout à fait différents, ce qui les empêche de faire front commun.

"L'attention des principaux participants au conflit est centré sur leurs propres ennemis et pas sur Daech", concluent les experts de Stratfor.

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Situation en Syrie (2014) (607)

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Tags:
alliance, présence militaire, Stratfor, Etat islamique, Arabie Saoudite, Turquie, Iran, Yémen, Syrie, Irak, États-Unis, Russie
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