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    Le roi Salmane d'Arabie saoudite

    La crise irano-saoudienne a été provoquée par Riyad

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    La crise irano-saoudienne (2016) (46)
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    Après les attaques de son ambassade à Téhéran et de son consulat à Machhad, une violente réaction iranienne à l'exécution d'un chef religieux chiite, l'Arabie Saoudite a rompu les relations diplomatiques avec l'Iran, confirmant ainsi l'importance de l'accord sur le nucléaire iranien.

    L'Arabie Saoudite a volontairement provoqué une crise dans ses relations avec l'Iran, en attestant ainsi l'importance de  l'accord conclu entre la communauté internationale et l'Iran sur le programme nucléaire de ce dernier, estime Trita Parsi, président du Conseil national irano-américain (NIAC). 

    "Selon les Saoudiens, depuis plus d'une dizaine d'années, les tendances géopolitiques dans la région se trouvent en contradictions avec leurs propres intérêts. Dans ces conditions, le redressement de l'Iran et la décision des Etats-Unis de négocier avec Téhéran sur son programme nucléaire n'ont fait qu'aggraver la panique de Riyad", constate l'expert. 

    Selon ce dernier, la provocation sous forme d'exécution de Nimr Baqer al-Nimr, était sans doute destinée à déclencher une crise, voire une guerre, qui puisse inverser la trajectoire géopolitique de la région en faveur de l'Arabie Saoudite. 

    Et d'ajouter que Riyad ne savait que trop que l'exécution d'un haut dignitaire chiite ne manquerait pas de provoquer l'indignation dans la région et affecterait gravement ses relations avec Téhéran. 

    "Or, la mise à feu de l'ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants indignés a offert une excellente prétexte à Riyad pour rompre les relations diplomatiques avec l'Iran et torpiller les efforts diplomatiques déployés sous l'égide des Etats-Unis en Syrie et au Yémen", souligne M.Parsi.

    L'Arabie Saoudite a plus d'une fois menacé de torpiller les discussions sur le règlement en Syrie et au Yémen si l'Iran était invité à la table des négociations. Pourtant, à la requête d'autres négociateurs, l'Iran a été invité à participer au processus de Vienne sur le règlement en Syrie.

    "Du point de vue des Etats-Unis, les démarches déstabilisatrices des Saoudiens justifient la conclusion en 2015 de l'accord nucléaire avec l'Iran (…) Cet accord a diminué entre autres la dépendance de l'Amérique de l'Arabie Saoudite (…) En revenant aux négociations avec l'Iran, l'Amérique a élargi ses possibilités dans la région", constate l'expert.  

    Il indique que Riyad essaie d'entraîner Washington dans son conflit avec Téhéran. 

    "Il est toutefois évident que Washington ferait mieux de se tenir en équilibre entre l'Arabie Saoudite et l'Iran au lieu de soutenir sans réserve les escapades folles de Riyad", a conclu l'analyste. 

    Auparavant, les Etats-Unis ont exprimé leur préoccupation face à l'escalade de la tension entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, en les exhortant à maintenir les canaux de communication diplomatiques.

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    Tags:
    relations diplomatiques, ambassade, Conseil national irano-américain (NIAC), Trita Parsi, Nimr Baqer al-Nimr, Riyad, Vienne, Téhéran, Washington, Arabie Saoudite, Iran, Yémen, Syrie, États-Unis
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