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    Le Danemark fait la sourde oreille et durcit le droit d'asile

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    Crise migratoire (784)
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    Dans l'espoir de dissuader les migrants de tenter leur chance au Danemark, le parlement du pays entérine une loi qui durcit extrêmement le droit à l'asile, en prévoyant entre autres la confiscation des biens des réfugiés et l'allongement des délais du regroupement familial.

    Le parlement danois a adopté mardi à une écrasante majorité une loi sur le droit d'asile qui a pour objectif de décourager les migrants d'essayer de s'installer au Danemark sous peine de se voir confisquer leurs effets personnels de valeur, rapporte la presse internationale. 

    Le texte soumis en novembre au parlement danois par le gouvernement minoritaire du premier ministre libéral Lars Løkke Rasmussen et voté mardi par toutes les formations de droite, a recueilli 81 voix sur 109, grâce au soutien des sociaux-démocrates, principal parti d'opposition, tandis que 27 députés ont voté contre et un s'est abstenu. 

    Malgré la critique des Nations unies, de l'Union européenne, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et des organisations humanitaires, le gouvernement danois maintient le cap, fort du soutien de son opinion publique, l'immigration étant, selon les sondages, la préoccupation première de 70 % de la population du Danemark.

    La police pourra désormais fouiller les bagages des migrants afin de saisir l'argent liquide au-delà de 10.000 couronnes (1.340 euros) et les objets d’une valeur supérieure à cette somme. Seuls les objets à forte valeur sentimentale comme les alliances seront exemptés de cette saisie. 

    "Ce que nous disons, c'est que si vous voulez venir en Europe, mieux vaut éviter le Danemark", a déclaré Martin Henriksen, porte-parole du Parti populaire danois, formation anti-immigration soutenant le gouvernement. 

    Selon le gouvernement danois, ceux qui demandent l'aide du Danemark doivent contribuer à financer leur séjour, s'ils en ont les moyens. 

    Par ailleurs, les demandeurs d'asile bénéficiant d'une protection moindre, à savoir ceux qui fuient la violence en général plutôt qu'une menace qui pèse sur leur personne en particulier, devront attendre trois ans avant de demander un regroupement familial. L'examen de cette demande peut durer ensuite plusieurs années. 

    Le projet de loi a d’emblée suscité de vives discussions au sein de la société danoise, visiblement sous le choc.

    "Certains (…) ont aussitôt répondu avec une ironie noire: +et pourquoi ne pas leur raser la tête aussi, comme pendant la guerre+?", a écrit à l'époque la journaliste Solveig Gram-Jensen, correspondante en France pour le quotidien danois Jyllands-Posten.

    Le Washington Post avait alors lui aussi comparé ce projet de confiscation à la spoliation des Juifs par les nazis. 

    Les observateurs constatent que ce texte a effectivement une "connotation particulièrement douloureuse en Europe" où les nazis avaient spolié les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. 

    Les experts l'expliquent toutefois par le fait que les autorités européennes, submergées par l'afflux de réfugiés, veulent tout simplement adresser un "signal" fort aux candidats à l'exil afin de les dissuader de rejoindre le Vieux Continent.

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    Tags:
    crise migratoire, demandeurs d'asile, confiscation, migrants, réfugiés, Parti populaire danois, ONU, OSCE, Union européenne (UE), Martin Henriksen, Lars Løkke Rasmussen, Danemark
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