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    une femme enceinte

    En Amérique latine, la crainte de Zika relance le débat sur l'avortement

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    Avorter préventivement ou courir le risque d'avoir un bébé microcéphale? Voilà le drame auquel sont confrontées de nombreuses femmes des pays de l'Amérique latine, l'épidémie du virus Zika ayant rouvert le débat sur l'interruption de grossesse et la réforme de la législation.

    Pour l'OMS, le lien entre le virus et l'explosion des cas de microcéphalie est "fortement suspecté, bien que non prouvé scientifiquement". Néanmoins, le nombre trop élevé de cas de bébés nés avec une microcéphalie dans les pays les plus touchés par le virus, notamment au Brésil, a déjà forcé certains gouvernements de l'Amérique latine à conseiller à leurs ressortissants d'éviter de tomber enceintes dans les mois ou même les années à venir.

    En outre, les recommandations officielles visant à reporter la grossesse à plus tard contredisent les lois strictes sur l'avortement dans plusieurs pays latino-américains, rapportent des médecins et des militants pour les droits des femmes.

    La microcéphalie comme prétexte

    Un groupe brésilien féministe Anis-Institut de Bioéthique regroupant des militantes, des avocats et des médecins, a lancé une bataille légale auprès de la Cour suprême du Brésil pour qu'elle autorise l'interruption de grossesse dans les cas de microcéphalie et quand des femmes enceintes ayant attrapé le Zika ne veulent pas mener leur grossesse à terme.

    Ce groupe avait déjà remporté en 2012 une bataille similaire qui s'était soldée par la légalisation de l'avortement dans le cas de fœtus acéphales (sans cerveau, ndlr.).

    "Dans le contexte de l'épidémie de Zika, il est nécessaire d'intégrer un paquet global de mesures afin de protéger la santé sexuelle et reproductive des femmes", explique l'anthropologue Débora Diniz, une des scientifiques de l'Institut.

    Opinions diamétralement opposées

    Anis prône la légalisation de l'avortement non seulement dans le cas de microcéphalie, mais comme un choix personnel de la femme. Néanmoins, cet appel provoque au Brésil des réactions très diverses.

    Dans ce pays latino-américain, outre le fait d'être illégal, l'avortement est considéré comme un tabou par une majorité, même si l'on estime à un million par an le nombre d'interruptions de grossesses dans ce pays de 204 millions d'habitants.

    "Comment obliger une femme à avoir un enfant lourdement handicapé en raison d'un facteur qui est complètement hors de son contrôle? C'est inhumain", affirme le docteur Gollop, membre du groupe favorable à l'avortement en cas de contamination du Zika, cité par l'AFP.

    Mais les adversaires de l'avortement allèguent que cette pratique équivaut à une "sélection de l'espèce" puisque la microcéphalie provoque divers degrés de retards intellectuels.

    Jusque-là, la loi brésilienne ne permettait d'avorter qu'en cas de viol ou quand la vie de la mère est en danger.

    "La microcéphalie n'est pas un cas de ce type, bien que je comprenne la douleur des mères qui auraient voulu mettre au jour un enfant en bonne santé", a déclaré Lenise Garcia, militante du mouvement "Brésil sans avortement", en ajoutant que l'idée de tuer quelqu'un en raison de son handicap ressemble à des pratiques nazies".

    Loi stricte sur l'avortement

    Le problème de l'avortement en Amérique latine est historiquement complexe. Seuls trois pays, notamment l'Uruguay, la Guyana et la Guyane française, ont autorisé l'avortement. Le Mexique, la Colombie et le Panama permettent d'interrompre la grossesse en cas de déformation du fœtus. Les autres pays interdisent l'avortement, sauf en cas de viol ou quand la vie de la mère est en danger, rapporte le Time.

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    Tags:
    grossesse, bébé, microcéphalie, avortement, virus Zika, Amérique latine, Brésil
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