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    Viviane Oliveira, qui est enceinte de trois mois, danse à côté d'une pancarte en portugais: Sortez Zika lors d'un carnaval de rue sur la plage d'Ipanema à Rio de Janeiro, au Brésil, le dimanche 31 janvier 2016

    La vraie cause des microcéphalies: Zika ou le partenaire de Monsanto?

    © AP Photo/ Silvia Izquierdo
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    L'épidémie de microcéphalie au Brésil, qui a coïncidé avec la propagation du virus Zika, continue d’interroger le monde, même des mois après que l'incident ait été signalé.

    Les femmes enceintes à travers le monde ont reçu la recommandation de prendre des précautions. L'infection du virus Zika provoquerait la microcéphalie — un défaut de naissance des nouveau-nés — une maladie congénitale entrainant des têtes anormalement petites chez les bébés qui viennent de naître.

    Cependant, cette théorie a récemment été contestée par un groupe de médecins argentins. Le groupe soupçonne que ce n'est pas le virus Zika qu'il faut blâmer pour l'augmentation des cas de microcéphalie, mais un larvicide toxique introduit dans le système d'approvisionnement en eau du Brésil qui peut être le vrai coupable.

    Le produit chimique, qui est connu sous le nom de pyriproxyfène, a été utilisé en 2014 dans le cadre de programmes massifs gérés par le gouvernement brésil visant à contrôler la population de moustiques dans le pays. Le pyriproxyfène est un larvicide fabriqué par Sumitomo Chemical, une entreprise associée avec le géant mondial américain des semences, des OGM et de l'agrochimie, Monsanto.

    "Les malformations ont été détectées sur des milliers d'enfants de femmes enceintes vivant dans des zones où l'Etat brésilien avait ajouté du pyriproxyfène à l'eau potable — ce n'est pas une coïncidence", a écrit le groupe argentin de médecins dans son rapport.

    Par exemple, le ministère brésilien de la Santé a fait injecter du pyriproxyfène dans des réservoirs dans l'Etat de Pernambouc, la région de prolifération du moustique Aedes aegypti, qui porte le virus Zika. Et c'est le Pernambouc qui a été le premier Etat au Brésil à constater le problème, et qui présente, jusqu'à maintenant, 35% des cas de microcéphalie enregistrés dans le pays.

    Le groupe de médecins argentins souligne qu'au cours des dernières épidémies du virus Zika, il n'y avait pas eu de cas connus de microcéphalie liés au virus.

    Par exemple, en Colombie, malgré le grand nombre de gens qui ont été infectés, les médecins n'ont enregistré aucun cas de microcéphalie provoqué par le virus. 3.177 femmes colombiennes enceintes ont été infectées mais elles portent quand même des fœtus sains ou ont donné naissance à des bébés en bonne santé.

    Sur son site Internet, Sumitomo Chemical déclare que le pyriproxyfène présente des risques minimes pour les oiseaux, les poissons et les mammifères.

    Cependant, la multiplication des preuves à son sujet prouve le contraire. Le journal américain Washington Post a rapporté en janvier que les experts après avoir examiné 732 des 4.180 cas de microcéphalie officiellement liés à Zika, avaient découvert que plus de la moitié étaient d'origine totalement différente du virus. Ce n'est que 270 cas de microcéphalie qui ont été confirmés comme liés à Zika.

    De plus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé de ne pas relier explicitement le virus au phénomène de microcéphalie.

    Bien qu'il n'y ait encore aucune preuve solide que le larvicide provoque la microcéphalie, le gouvernement local du Rio Grande do Sul dans le sud du Brésil a suspendu l'utilisation du pyriproxyfène.

     

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    virus Zika, matières toxiques, maladies, virus, épidémie, bébé, victimes, chimie, Monsanto, OMS, Colombie, Brésil
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