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Crise migratoire (789)
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Les réfugiés syriens sont à nos portes? Il faut donc sortir de notre lit douillet et leur venir en aide, c'est au moins ce que pense Ghafoor Hussain, un mécanicien d'une quarantaine d'années qui a réaménagé un bus en cuisine mobile et s'est lancé sur les routes d'Europe pour fournir 3.000 repas par jour aux migrants dans le besoin.

Pour Ghafoor Hussain, un habitant de Stockton-on-Tees (nord-est de l'Angleterre), les malheurs d'autrui n'existent pas. Et le défi qu'il a lancé à l'indifférence de milliers d'autres en est la meilleure preuve: depuis le mois de décembre, il circule à bord de son bus-cuisine d'un camp de réfugiés à l'autre, offrant des repas gratuits et des boissons chaudes à tous les nécessiteux.

​Cette aventure humanitaire a commencé l'année dernière, lorsqu'une vague de réfugiés proche-orientaux a déferlé sur le continent européen. C'est alors que Ghafoor, qui s'est toujours distingué pour son empressement à venir en aide aux démunis, a décidé de remplir une camionnette de nourriture et de se rendre en Europe de l'est. Dire, c'est faire! Et voilà que par une journée d'automne, il s'est mis en route. La destination? L'Autriche, la Slovénie, la Croatie… Là où il y a des camps de réfugiés. Mais à la vue des migrants tremblant dans le froid, il a compris que son action était insuffisante. Ils doivent manger chaud, s'est-il dit!

"Sur place, j'ai réalisé que dans la plupart des cas ils ne reçoivent que des repas froids. Je me suis alors dit qu'il fallait faire quelque chose", a expliqué Ghafoor, cité par le site du quotidien britannique Metro.

C'est alors qu'il décide de se procurer un bus et de le transformer en cuisine-roulante. Le véhicule a été acheté sur internet à près de 8.000 euros, quant à son réaménagement, son métier de mécanicien lui a servi. Des fourneaux, un évier — rien ne le distingue aujourd'hui d'une vraie cuisine, hormis les roues.

​Depuis près d'un mois, son bus-cuisine est stationné au camp de migrants de Grande-Synthe, dans le Nord de la France. Ghafoor y distribue 3.000 repas par jour et quelque 10.000 tasses de boissons chaudes. "5.000 tasses de thé le matin, et 5.000 autres le soir", indique-t-il dans un article paru sur le site de Public Radio International (PRI). Et d'ajouter que par un temps d'hiver, les seuls repas et boissons chauds, que les habitants du camp de toile recevaient, étaient ceux que lui et son équipe leur donnaient.

Mais comment cet humble mécanicien parvient-il à financer un projet aussi coûteux, demanderez-vous. Grace aux dons des autres gens qui ne peuvent pas fermer les yeux sur le malheur des autres, avoue-t-il à l'auteur de l'article. Selon ses dires, l'aide vient de partout: d'Europe, d'Abou Dhabi et du Pakistan, son pays natal…

Tant que les gens comme Ghafoor existent, l'humanité n'est pas perdue. D'ailleurs, une bonne nouvelle de plus: ce brave homme vient d'acheter un deuxième bus pour mieux satisfaire la demande en repas chauds.

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Crise migratoire (789)

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Tags:
charité, aide, migrants, nourriture, Slovénie, Croatie, Autriche, France
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