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    Le drapeau de Chypre

    Chypre va-t-elle faire échouer l'accord Turquie-UE?

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    Nicosie a gelé six points de l'accord sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et n'entend pas lever son veto jusqu'à ce que l'accord sur la réunification de Chypre ne soit signé.

    "Nous n'allons pas lever le veto sur ces points de l'accord", a déclaré dans un entretien à Politico le chef de la diplomatie chypriote Ioannis Kasoulidis, soulignant que pour lui les négociations sur la réunification des parties grecque et turque de l'île sont prioritaires. Ainsi, au moment où cette question sera résolue, le veto chypriote pourra être levé.

    Les dirigeants européens ont convenu d'un accord sur la crise migratoire selon lequel l'UE devrait doubler le soutien financier accordé à la Turquie, voire l'augmenter de trois à six milliards d'euros, lever les restrictions de visa pour ses citoyens entrant en Europe, ainsi qu'accélérer les pourparlers sur l'adhésion de la Turquie à l'UE en ouvrant cinq nouveaux points de négociation.

    Les dirigeants s'apprêtent à approuver cet arrangement à Bruxelles où ils se rencontreront les 17 et 18 mars. Entre-temps, la Turquie compte relier le problème migratoire avec ses efforts pour rejoindre l'UE, ce qui fait de Chypre un acteur clé. Chypre a gelé six points de l'accord entre la Turquie et l'UE, dont cinq nouvelles réclamations turques, en raison du refus d'Ankara de reconnaître le gouvernement de Nicosie.

    Il existe tout de même la possibilité qu'Ankara et Nicosie arrivent à s'accorder sur la réunification des deux parties de l'île. Ici, le problème le plus grave concerne le retrait de 30.000 militaires turcs du nord de Chypre. Et c'est seulement lorsque ce problème sera résolu que l'accord pourra être soumis à un plébiscite. En 2004, la partie grecque de l'île a connu un référendum mais, à l'époque, les citoyens avaient voté contre la réunification.

    A l'heure actuelle, Nicosie ne souhaite pas lever son veto car les Chypriotes grecques ne comprendront pas cette décision et ne soutiendront pas la réunification de Chypre par référendum si un accord entre la Turquie et cette dernière était conclu.

    Si le président dit "oui" aux pourparlers avec la Turquie sans progrès dans les négociations sur la réunification de Chypre, le gouvernement chypriote perdra son soutien intérieur, et le succès du référendum sera plus difficile à obtenir, estime M. Kasoulidis.

    "Alors, pourquoi ne s'attèle-t-on pas dans un premier temps au sujet de Chypre? Et ensuite les choses reprendront leur cours normal", résume-t-il.

    La Turquie occupe depuis 1974 le nord de Chypre, territoire occupé par le République turque de Chypre du nord, ce conflit nuisant aux relations d'Ankara avec Nicosie, mais aussi avec l'UE dont Chypre fait partie et avec l'Otan dont la Turquie est membre.

    La procédure d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne fait suite au dépôt d'une demande d'adhésion le 14 avril 1987. Les négociations ont démarré en octobre 2005. Cette demande d'adhésion est devenue un sujet de controverse majeur au sein de l'UE. Selon des sondages, la grande majorité des Européens et plus particulièrement des Français restent contre l'entrée de la Turquie dans l'union.

    Candidate à l'adhésion à l'Union européenne, la Turquie doit, entre autres, respecter la liberté de la presse, ce qui n'est pas le cas, constatent les critiques qui ne cessent de signaler de nombreuses dérives autoritaires de M.Erdogan.

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    Tags:
    adhésion à l'UE, crise migratoire, migrants, Union européenne (UE), Recep Tayyip Erdogan, Chypre, Turquie
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