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    Recep Tayyip Erdoğan

    Comment Erdogan fait chanter l'Union européenne

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    Crise migratoire (781)
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    Bruxelles refuse de supprimer les visas avec la Turquie.

    Chypre: le règlement possible sur la base des résolutions de l'Onu (Moscou)
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    La discussion du régime sans visa pour la Turquie à partir de juin 2016, qui a eu lieu les 7 et 8 mars à Bruxelles lors du sommet "Turquie — UE", est ajournée pour une période indéterminée. Les propositions du premier ministre turc Ahmet Davutoglu ont été déclinées par quasiment tous les pays de l'Union européenne. Presque tous les 28, de l'Italie à la Hongrie et de Chypre à la Belgique, se sont prononcés contre la Turquie pour différentes raisons.

    M. Davutoglu a néanmoins déclaré que Bruxelles avait approuvé sa proposition et la Turquie a commencé à rêver de voyages sur le Vieux Continent, estime Arif Asalyoglu, directeur de l'Institut international de développement de la coopération scientifique, dans un article publié par l'agence russe d'information Regnum.

    Les attaques contre le journal turc Zaman et l'agence de presse Cihan, qui ont eu lieu la veille des négociations à Bruxelles, ont mis M. Davutoglu dans l'embarras, car l'argument principal de l'Italie contre son pays était la "régression en Turquie de la liberté de la presse". Le président français, François Hollande, a pour sa part déclaré que l'Union européenne devait être plus prudente en ce qui concerne la liberté de la presse et la liberté d'expression en Turquie". Une opinion partagée par le président du parlement européen, Martin Schulz.

    M. Erdogan a demandé six milliards d'euros au lieu des trois milliards proposés pour l'accueil des réfugiés syriens. N'ayant pas obtenu cette rallonge, il a déclaré: "S'il s'agît de trois milliards d'euros pour deux ans, il n'y a rien à discuter. Vous avez donné 400 milliards d'euros à la Grèce lors de la crise financière".

    Le dirigeant turc s'est adressé ironiquement au président du Conseil européen, Donald Tusk: "Comment allez-vous régler la crise migratoire sans accord? Vous allez tuer les migrants?".

    M. Erdogan a également accusé l'Union européenne de se moquer de son pays. Selon lui, la Turquie attend depuis 53 ans son intégration dans l'UE. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, a quant à lui déclaré que durant cette période, la Turquie n'était pas un pays démocratique.

    Le sommet UE-Turquie a eu lieu le 7 mars à Bruxelles. Ahmet Davutoglu a annoncé que la Turquie était prête à reprendre tous les migrants, y compris Syriens, arrivés en Europe via son territoire, ainsi que ceux qui sont interceptés dans ses eaux territoriales, en échange du doublement de l'aide financière européenne.

    Il a par ailleurs demandé à l'Union européenne d'avancer à juin 2016 au plus tard la levée de l'obligation de visa pour les citoyens turcs, dont le principe avait déjà été accepté, à condition qu'Ankara respecte les 72 conditions définies. L'UE demande notamment la modification des règles turques d'attribution de visas aux ressortissants de pays musulmans et l'introduction de passeports biométriques.

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    Tags:
    migrants, Union européenne (UE), Jean-Claude Juncker, Recep Tayyip Erdogan, Turquie
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