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    La province turque de Hatay, plaque tournante des djihadistes

    © AFP 2017 Bülent Kılıç
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    Le gouvernement turc facilite la circulation de djihadistes entre la Syrie et la Turquie, témoigne un rapport rédigé par l'organisation "Droit à la vie, contre la guerre" qui rend compte de la situation dans la province de Hatay, frontalière avec ce pays arabe.

    Le rapport intitulé "Influence de la guerre en Syrie et de la politique syrienne de Turquie sur la situation à Hatay" affirme que cette province frontalière est devenue une véritable plaque tournante des djihadistes de toutes nationalités: les terroristes de Daech et du Front al-Nosra y agissent en maître.

    Chômage, revenus bas, marasme économique et absence de stabilité, c'est ainsi que se résume la vie dans cette province turque. Les habitants locaux ont abandonné les agglomérations de Reyhanli, d'Altinozu et de Yayladagi qui abritent aujourd'hui des camps d'entraînement des extrémistes d'Ahrar al-Sham et du Front al-Nosra, indique Ali Ergin Demirhan, le coordinateur du groupe chargé de l'élaboration du rapport.

    Selon ce dernier, les autorités turques sont au courant de ce fait: "Les combattants sont envoyés soit dans les camps de Hatay, où ils suivent un entraînement, soit dans les villes de Kilis, de Konya, de Kayseri ou d'Adana. Ils se déplacent en se faisant passer pour des réfugiés ou déguisés en militaires. Selon les informations diffusées dans la presse, mais que nous ne pouvons pas confirmer, près de 2.000 djihadistes ont traversé la frontière turque à Cilvegozu pour rejoindre Kilis, où ils ont reçu des armes lourdes et sont retournés dans la ville syrienne d'Azaz. Tout ceci s'est déroulé sous le contrôle de l'État turc".

    Le rapport souligne qu'après que les frappes russes sur les positions des terroristes ont coupé l'itinéraire liant Azaz à la ville turque d'Antep, le nombre de djihadistes à Hatay n'a fait qu'augmenter.

    Puis, l'armée turque ayant renforcé le contrôle frontalier, les djihadistes ont lancé une série d'attaques contre les points de passage. "Le scénario est en général partout le même: les soldats-douaniers arrêtent des suspects tentant de traverser la frontière. Ils veulent vérifier leurs papiers, mais on ne les laisse pas faire: des gendarmes arrivent et font taire les soldats vigilants ou les envoient faire leur service ailleurs", explique Ali Ergin Demirhan.

    "Un grand nombre de djihadistes et de gens armés traversent la frontière à bord de camions, de bus et de véhicules appartenant à des fondations humanitaires", ajoute-t-il.

    Le rapport indique encore qu'à la fin de l'année 2015, le contrôle frontalier est devenu moins strict. La province a alors vu affluer des réfugiés turkmènes. Or, il s'est avéré que 80% des arrivés étaient des extrémistes d'Asie centrale, d'Afrique du nord et du Caucase. En Turquie, ces individus ont reçu des papiers.

    "Il n'est pas nécessaire d'être un citoyen syrien pour recevoir des papiers. Même ceux qui ne sont pas Syriens reçoivent des papiers provisoires, ce qui leur garantit une sorte de protection", assure Ali Ergin Demirhan.

    Et d'ajouter que des djihadistes sont envoyés depuis la Turquie en Afrique du nord et en Asie.

    "Dans la ville de Hatay et dans ses alentours, on voit souvent des gens et des véhicules avec les symboles de Daech ou du Front al-Nosra. On peut voir de tels véhicules rouler juste derrière un véhicule de police", ajoute-t-il.

    Ankara aurait pu facilement couper court à l'activité des terroristes à Hatay, mais il ne fait que soutenir le transit des djihadistes.

    "L'État profite de cette situation. Les autorités font taire la population locale, par le biais d'oppressions, de menaces et de violations de la législation. Les habitants de Hatay ont été forcés d'accepter cet état de choses", conclut-il.

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    menaces, réfugiés, migrants, terrorisme, Ahrar al-Sham (Libres du Sham), Etat islamique, Front al-Nosra, Syrie, Turquie
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