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Séisme de 2011 au Japon et ses conséquences (136)
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Deux réacteurs japonais âgés de plus de 40 ans ont satisfait aux nouvelles normes de sécurité de l'Autorité de Régulation Nucléaire. Une décision qui ouvre la voie à un redémarrage controversé dans un Japon encore marqué par la catastrophe de Fukushima.

Les deux réacteurs de Takahama, construits il y a plus de 40 ans, ont passé mercredi dernier les tests de sécurité de l'Autorité de Régulation Nucléaire (NRA). C'est la première fois que des réacteurs anciens obtiennent ce sésame depuis les nouvelles mesures prises à la suite de la catastrophe de Fukushima au Japon. Une décision qui constitue le premier pas vers leur redémarrage.

La centrale nucléaire de Fukushima
© AFP 2020 SHIZUO KAMBAYASHI

Plusieurs compagnies d'électricité ont déposé des demandes d'inspection pour 26 réacteurs et 16 centrales nucléaires, après qu'en 2013 la NRA ait introduit des normes de sécurité plus strictes en se basant sur les leçons tirées de l'accident nucléaire de Fukushima.

À supposer que le régulateur du secteur approuve le redémarrage des réacteurs 1 et 2 de Takahama, la compagnie qui exploite le site, Kansai Electric Power, devra encore subir des contrôles très importants concernant le niveau de dégradation des bâtiments et de leur équipement, ainsi que la résistance aux séismes des installations.

En cas de succès de cette première phase, la compagnie prévoit déjà des travaux supplémentaires pour renforcer la sécurité du site, d'un montant total de 200 milliards de yens (environ 1,6 milliard d'euros), selon Kyodo News. Lesdits travaux devraient s'étaler sur au moins trois ans. 

Pour autant, le redémarrage des réacteurs Takahama 3 et 4 a été suspendu par une décision de justice japonaise qui les a qualifiés de dangereux même si le régulateur avait accepté de les relancer.

Dès le début de la mise en route de Takahama 4, alors que le réacteur commençait à produire de l'électricité, une alarme s'est déclenchée indiquant des problèmes avec le générateur et le transformateur. Auparavant, une fuite de matières radioactives avait affecté ce même réacteur.

Après la catastrophe nucléaire dans la centrale de Fukushima, une loi interdisant aux réacteurs nucléaires de fonctionner plus de 40 ans a été adoptée. Mais le gouvernement autorise une exploitation de 20 ans supplémentaires, sous réserve de l'accord de la NRA, pour les réacteurs qui voient leurs mesures de sécurité améliorées. 

Auparavant, Shunichi Tanaka, directeur de l'Autorité de Régulation Nucléaire, a déclaré que prolonger le fonctionnement des centrales âgées de plus de 40 ans pourrait devenir la norme. Il a expliqué que si les compagnies d'électricité investissaient suffisamment dans la rénovation de leurs matériels, ceux-ci étaient à même de surmonter des difficultés techniques dues à leur ancienneté. Actuellement, il ne reste que deux réacteurs de Sendai en fonction.

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Tags:
sécurité, test, nucléaire civil, centrale nucléaire, centrale nucléaire de Takahama, Kansai Electric Power, Autorité de régulation nucléaire du Japon (NRA), Japon
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